Marseille: La mairie annonce la réintégration d’immeubles jamais évacués ou très temporairement

ANNONCE Alors que Julien Ruas a annoncé la réintégration d’immeubles à Marseille, les habitants affirment n’avoir été évacués que quelques heures…

Adrien Max

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Le bout de la rue Jean Roque est toujours inaccessible pour les habitants.
Le bout de la rue Jean Roque est toujours inaccessible pour les habitants. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Julien Ruas, adjoint à la sécurité, a annoncé hier la réintégration de 18 immeubles situés à proximité des deux immeubles effondrés à Marseille.
  • Mais selon les habitants, beaucoup de ceux annoncés par Julien Ruas n’ont été évacués que quelques heures, voire d’autres jamais.

« J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. » Quasiment un mois après la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles dans le quartier de Noailles à Marseille, Julien Ruas, adjoint à la sécurité, était ravi, mardi, d’annoncer la nouvelle. « Environ 70 personnes habitant 18 immeubles de la rue d’Aubagne et de la rue Jean-Roque vont pouvoir réintégrer leur logement », a-t-il affirmé.

Concrètement, les immeubles au 2, 48, 49 et du 52 au 58 des deux côtés de la rue d’Aubagne peuvent être réintégrés. Les 13, 15, 18, 20, 23, 25, 27 et 29 de la rue Jean-Roque sont aussi concernés. « Une bonne nouvelle », se félicite Julien Ruas, alors que 199 immeubles ont été évacués depuis le 5 novembre. Et la liste ne cesse de s’allonger de jour en jour.

« Tout le monde est là »

Sauf qu’en se baladant dans les deux rues concernées en ce mercredi, aucune réintégration ne se profile. Et pour cause, les immeubles cités pour Julien Ruas n’ont été évacués que temporairement, voire pas du tout. « A partir du numéro 13 de la rue Jean-Roque, tout le monde est là », affirme Afida, qui connaît tout le monde dans le quartier. Un habitant du 19 confirme : « Nous avons été évacués le 5 novembre au matin, avant de réintégrer nos logements le soir même. »

Des vêtements sèchent aux fenêtres des immeubles censés avoir été évacués.
Des vêtements sèchent aux fenêtres des immeubles censés avoir été évacués. - Adrien Max / 20 Minutes

D’autres évoquent une évacuation de deux jours, mais jamais plus. Seuls les numéros jusqu’au 8 sont toujours inaccessibles, car trop proche du lieu du drame, et interdits par une barrière de sécurité. Au bout de la rue, certaines familles ont justement rendez-vous avec les marins pompiers pour venir récupérer quelques affaires en 30 minutes, montre en main.

« Une connerie de journaliste »

L’agent de la mairie, chargé de leur accueil, n’est pas au courant des réintégrations. « Vous savez je suis là le jour, le soir, parfois la nuit, donc je n’ai pas le temps de m’informer. Mais, sans vous manquer de respect, ça doit encore être une connerie de journaliste », tente-t-il comme explication. Non, simplement des annonces de la mairie lors d’une conférence de presse.

La partie droite et gauche de la rue d'Aubagne, qui peuvent être réintégrées, mais qui le sont déjà.
La partie droite et gauche de la rue d'Aubagne, qui peuvent être réintégrées, mais qui le sont déjà. - Adrien Max / 20 Minutes

Kevin Vacher, du collectif « Noailles en colère », a, lui, appris les réintégrations à la suite de la conférence de presse. « Mais depuis, aucune nouvelle », explique-t-il devant les portraits des huit personnes décédées disposés rue d’Aubagne. Là non plus, aucune réintégration à l’horizon. Du linge sèche même à certaines fenêtres des immeubles concernés.

« A aucun moment nous n’avons été évacués »

« J’ai une amie qui habite au numéro 58 et elle n’a jamais été évacuée », explique une voisine d’une rue parallèle. Au même moment une femme pousse la porte et s’engouffre au numéro 58, balayant le doute sur son occupation. « A aucun moment nous n’avons été évacués », nous apprennent également deux habitants du 55.

Un commerçant situé un peu plus haut affirme qu’ici aussi, très peu d’évacuations ont eu lieu. « Ils ont posé des barrières qui nous empêchaient de passer mais elles ont été enlevées il y a une bonne dizaine de jours. Et les gens arrivaient quand même à passer », explique-t-il. Il va donc falloir patienter encore pour assister à de « véritables » réintégrations. 

La mairie tient à préciser que « ces immeubles ne concernent pas forcément des évacuations pour sécurité, mais aussi pour la coupure de certains fluides. » La mairie explique leur « avoir proposé des solutions d’hébergement aux frais de la ville, des habitants ont refusé ».