Calais: Des associations dénoncent 250 actes de «violence policière» sur les migrants

VIOLENCE Un rapport de quatre associations d’aide aux migrants de Calais a été publié, mercredi…

20 Minutes avec AFP

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CRS devant l'ancienne «jungle» de Calais en octobre 2016
CRS devant l'ancienne «jungle» de Calais en octobre 2016 — O. Aballain / 20 Minutes
  • Des associations dénoncent les « violences policières » contre les migrants de Calais.
  • Le rapport se base sur des témoignages « en anglais » et « parfois de seconde main ».
  • Le syndicat de police Alliance se dit « sceptique » sur les chiffres avancés.

Quatre associations d’aide aux migrants ont recensé, entre novembre 2017 et novembre 2018, « 244 actes de violence policière » contre des migrants présents dans le Calaisis, selon un nouveau rapport publié, mercredi.

« Au cours de cette année, les observations et témoignages ont montré une pratique policière toujours plus répressive » et « une multiplication des abus à l’encontre » des migrants, « harcelés jusque dans leurs abris de fortune », peut-on lire dans ce document intitulé « rapport sur les violences à Calais ».

« Violence » et « abus de pouvoir »

Ce rapport a été effectué sur la base d’un « recensement des témoignages […] en anglais […] et parfois de seconde main » par les associations L’Auberge des migrants, Refugee Info Bus, La Cabane juridique et Utopia 56.

Les associations avancent le chiffre de « 244 actes de violence policière » en un an, dont « 153 » impliquant l’utilisation de gaz lacrymogènes, « le plus souvent sans avertissement » ni « provocation » de la part des migrants.

Le rapport pointe aussi, sur la même période, « 389 cas d’abus de pouvoir des forces de l’ordre, dont 52 accompagnés de violence » et « 393 opérations d’expulsion ». Ces expulsions, « hebdomadaires en novembre 2017 » avant de devenir « quotidiennes depuis août 2018 », « ont souvent été accompagnées de dégradations, confiscations et destructions des effets personnels ».

« Pas de retour » de l’IGPN

« Non, à Calais l’usage de la force n’est ni proportionné, ni nécessaire, le maintien de l’ordre est devenu le prétexte pour justifier toutes les pratiques abusives. Pire, les pratiques violentes se banalisent. En octobre et novembre 2018, le nombre rapporté d’actes violents commis par les policiers a augmenté par rapport au début d’année », affirme encore le rapport.

Bruno Noël, secrétaire régional du syndicat de policiers Alliance, s’est dit « très sceptique quant aux chiffres » du rapport. « S’il y a violence, il y a, dans tous les cas, une enquête de l’IGPN. Mais ce n’est pas le cas et nous n’avons pas de retour de leur part […] Tout est filmé et il y a une hyper surveillance de la part de la hiérarchie », a-t-il déclaré. Contactée, la préfecture du Pas-de-Calais n’a pas encore donné suite.