Sondage #MoiJeune OpinionWay: Un jeune sur deux soutient le mouvement des «gilets jaunes»

GILETS JAUNES Une étude d’OpinionWay pour « 20 Minutes » analyse le rapport des 18-30 ans au mouvement des « gilets jaunes »…

Charlotte Murat

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La manifestation des «gilets jaunes» le 1er décembre a été marquée par des violences inédites à Paris
La manifestation des «gilets jaunes» le 1er décembre a été marquée par des violences inédites à Paris — Sathiri Kelpa / SOPA Imag/SIPA
  • 53% des 18-30 ans soutiennet le mouvement des «gilets jaunes»
  • Ils sont 29% à estimer la violence légitime.
  • 65% des jeunes sont prêts à renoncer à une partie de leur pouvoir d'achat en faveur de la transition écologique.

Les annonces d'Edouard Philippe sur la suspension pendant six mois des hausses des taxes programmées au 1er janvier n'ont pas suffi.

Malgré les appels au calme après les violences de samedi, les «gilets jaunes» continuent leurs actions. Qu’en pensent les 18-30 ans ? Ils sont une petite majorité (53 %) à soutenir le mouvement, d’après une enquête exclusive OpinionWay pour 20 Minutes *.

C’est moins que les 72% de la population. « Cela est dû à leur âge, explique Luc Balleroy, directeur général d’OpinionWay. Ce mouvement s’inquiète du pouvoir d’achat, ce qui est davantage une préoccupation d’actifs et de retraités. » On constate d’ailleurs que 32 % des 18 à 19 ans soutiennent les « gilets jaunes » contre 62 % des jeunes de 30 ans.

« Ce mouvement est légitime, dans la mesure où nous sommes dans un pays où le peuple doit élire ses représentants, mais ces derniers n’agissent pas, ou rarement, dans l’intérêt de la population qui lui a confié son mandat », estime Charlotte, membre de la communauté MoiJeune de 20 Minutes. « C’est un soulèvement des Français d’habitude silencieux, qui n’acceptent plus la situation telle qu’elle est aujourd’hui », renchérit Marc. Le soutien au mouvement des « gilets jaunes » monte d’ailleurs à 69 % chez 18-30 ans qui résident dans une ville de moins de 20.000 habitants, « là où avoir une voiture est une nécessité quotidienne », rappelle Luc Balleroy.

29 % trouvent la violence justifiée mais... 


Si un jeune sur deux soutient le mouvement, ils sont 67 % à se déclarer inquiets après les violences de samedi.

Ils sont même 80 % chez 18-19 ans. « Là encore c’est très logique, détaille Luc Balleroy. Les plus jeunes ont du mal à comprendre, se sentent moins concernés et donc sont les plus anxieux. » 71 % des jeunes estiment par ailleurs que rien ne justifie la violence. « Mais cela signifie également que 29 % des jeunes trouvent la violence justifiée, rappelle Luc Balleroy. On monte même à 36 % chez les hommes, sans doute à cause de leur instinct plus guerrier. C’est énorme, comme chiffre, et c’est inquiétant pour la démocratie. Les moins de 30 ans ont eu du mal à se faire entendre sur leurs propres combats, comme la réforme de l'accès à l'université. Ils finissent par se dire que c’est le seul moyen de faire bouger les choses. »

52 % des jeunes de 30 ans considèrent même que l’absence de structuration du mouvement, de porte-parole officiels est une nouvelle forme de mobilisation qui aura plus d’impact que les manifestations traditionnelles. « On a vu dans des enquêtes précédentes que les jeunes ne croient plus en l’avenir de notre société, développe Luc Balleroy. Ils se recentrent donc sur eux-mêmes et considèrent alors qu’aucune instance ne peut représenter ni faire avancer leurs idées. »

La transition écologique en question

Reste la question de l’écologie. C’est la hausse des prix des carburants qui a servi d'étincelle, la transition écologique est au cœur du débat. 65 % des 18-30 sont prêts à renoncer à une partie de leur pouvoir d’achat en faveur de la transition écologique. « Nous sommes une génération qui n’a pas droit à l’erreur sur ce point, avance Alexis. Si on n’arrête pas de gaspiller comme on le fait, on va droit dans le mur. Je ne veux pas faire partie de la génération qui dira à ses enfants "On avait la possibilité de faire quelque chose, mais on a plutôt regardé notre portefeuille que votre avenir" ». Sur ce point encore, on note une disparité entre l’Ile-de-France (73 % prêts à renoncer à une partie de leur pouvoir d’achat) et la province (62 %). Preuve, une nouvelle fois, du sentiment d'abandon de la France périphérique.

* Etude #MoiJeune OpinionWay pour 20 Minutes réalisée en ligne le 3 décembre 2018 auprès d’un échantillon représentatif de 921 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

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