Pénurie de carburant: La carte des stations-service touchées en temps réel

BLOCAGES Depuis plusieurs jours, des « gilets jaunes » tentent de bloquer des dépôts pétroliers…

Manon Aublanc

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Des «gilets jaunes» ont tenté de bloquer le dépôt pétrolier du Mans, le 29 novembre 2018.
Des «gilets jaunes» ont tenté de bloquer le dépôt pétrolier du Mans, le 29 novembre 2018. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Les « gilets jaunes » poursuivent leurs blocages, un peu partout en France, notamment en bloquant des dépôts pétroliers. Conséquence ? Près de 650 stations-service sont, ce mercredi matin, en rupture, partielle ou totale, de carburant. Le site penurie.mon-essence.fr recense, en temps réel, les stations concernées.

Ce sont désormais 273 stations-service qui sont en rupture totale et 379 en rupture partielle, ce mercredi matin. Des blocages qui touchent particulièrement les automobilistes bretons : « les blocages des dépôts pétroliers impactent principalement l’ouest et le sud-est du pays », explique le site, qui recense déjà plus de 12.000 contributions.

« La situation est uniquement due à une surconsommation de carburant »

En Bretagne, près de 70 stations-service sont déjà en rupture totale, dont une dizaine pour la seule ville de Brest. Une situation similaire à Marseille, et ses environs, où une cinquantaine de stations-service sont désormais à sec.

Certains automobilistes ont anticipé la rupture de carburant et se sont rendus, par précaution, dans les stations-service encore en service. Sur Facebook, la préfecture du Morbihan a appelé à la responsabilité des consommateurs : « La situation est uniquement due à une surconsommation de carburant, a-t-elle expliqué. Ne vous rendez aux stations-service qu’en cas de réel besoin ; Ne faites pas de réserves de confort/précaution (jerricans…). »

Après les annonces d’Edouard Philippe, la situation reste en demi-teinte pour les dépôts pétroliers​. Au dépôt pétrolier de Lorient, bloqué depuis mardi dernier en soutien aux « gilets jaunes », les manifestants ont choisi de rester « intransigeants » : ils demandent le maintien du « gazole non routier » (GNR) pour les professionnels. « On ne bouge pas pour le moment, on veut la suppression de l’article 19 concernant le gazole non routier » et non la simple suspension pour six mois, a déclaré Norbert Guillou, un des organisateurs du mouvement.

Les dépôts pétroliers seront de nouveau bloqués si le tarif réduit du GNR est supprimé dans six mois

La mesure, qui figure dans l’article 19 du projet de loi de finances (PLF) devait supprimer le tarif réduit de taxe intérieure de consommation (TICPE) sur le GNR le 1er janvier 2019. Au dépôt pétrolier de Brest, également bloqué depuis sept jours par des indépendants des travaux publics en gilets oranges, la revendication reste la même mais les manifestants ont salué « l’effort de l’État ».

« On juge satisfaisant le moratoire de six mois », a expliqué Julien Camblan, artisan-terrassier, en se disant prêt à « revenir » au bout de six mois si le tarif réduit du GNR est supprimé. Dans le Var, la gendarmerie est intervenue mardi matin pour débloquer le dépôt pétrolier de Puget-sur-Argens, bloqué depuis 24 heures par les gilets jaunes.