VIDEO. Blocage des lycéens à Toulouse: Des points chauds, un jeune blessé et un établissement blagnacais en feu

MOBILISATION 24 lycées de Haute-Garonne et de Toulouse sont touchés par des blocages et départs de feu. Un impressionnant incendie s'est déclaré au lycée Saint-Exupéry, à Blagnac...

N. S. avec B.C et H.M.

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Un incendie a ravagé une partie du lycée Saint-Exupéry de Blagnac.
Un incendie a ravagé une partie du lycée Saint-Exupéry de Blagnac. — B. Colin - 20 Minutes
  • Au moins 24 lycées de Toulouse et de Haute-Garonne sont touchés par des départs de feux, blocages ou échauffourées.
  • Le lycée Saint-Exupéry de Blagnac a été en partie ravagé par un incendie parti d’un feu de poubelles.
  • Un manifestant a été sérieusement brûlé au visage.
  • La police a déjà procédé à vingt interpellations.

Après une première mobilisation vendredi, des syndicats lycéens, parmi lesquels l’Union nationale lycéenne (UNL), avaient demandé de poursuivre le mouvement cette semaine. Au lendemain d'une journée très tendue au centre de Toulouse, plusieurs lycées de la Ville rose et de la Haute-Garonne ont de nouveau été la cible de blocages totaux ou filtrants ce mardi matin.

Selon un premier bilan de la préfecture et du rectorat, 2.500 jeunes étaient mobilisés à Toulouse et en Haute-Garonne. Un jeune manifestant « a été sérieusement blessé au visage par un retour de flammes ». Et sept personnes ont été interpellées dans la matinée.

Important incendie au lycée de Blagnac

Un impressionnant incendie s’est déclaré dans le lycée Saint-Exupéry de Blagnac, dans la banlieue de Toulouse. Parti d’un feu de poubelles, il s’est propagé au bâtiment. L’accueil du lycée a été ravagé par les flammes, tout comme le secteur « sciences » de l’établissement qui accueille 1.700 élèves.

Le sinistre n’a fait aucun blessé parmi les élèves qui ont été renvoyés chez eux jusqu’à lundi. « On est pour le blocage, mais là le feu, c’est abusé », a déploré un des élèves.

La police était aussi sur place ce mardi matin. Son enquête devra déterminer les responsabilités.

« Il sera assez facile d’identifier les fauteurs de trouble puisqu’il y a des caméras vidéo tout autour du site. Je peux vous assurer que pour l’essentiel, ce sont des lycéens du lycée et c’est ce qu’il y a de plus choquant. En démocratie on a le droit d’exprimer sa révolte, par contre porter atteinte à l’école, mettre le feu à un lieu de savoir, symboliquement c’est une atteinte à la démocratie », déplore Pierre Donnadieu, le proviseur qui indique qu’il y aura des poursuites disciplinaires et pénales car une plainte va être déposée.

Le maire de Blagnac, Joseph Carles, a pour sa part dénoncé « avec fermeté cet acte de violence gratuite ». Tout comme la présidente de la région Occitanie, gestionnaire des lycées. « Je comprends l’inquiétude des lycéens quant à leur avenir et notamment leurs revendications au sujet de Parcoursup. Pour autant, cette violence aveugle n’apporte aucune solution concrète et cela aura un coût pour la collectivité régionale, d’ores et déjà de plusieurs centaines de milliers d’euros ».

D’autres feux ont aussi été allumés devant certains établissements, parmi lesquels Déodat-de-Séverac où des échauffourées ont lieu avec les forces de l’ordre, Raymond-Naves où au moins une voiture a été détruite, et Roland-Garros. Un barrage a été activé devant le lycée Bellevue, dans le quartier de Rangueil.

Manifestation dispersée par les lacrymogènes

Une manifestation a eu lieu au cours de l’après-midi dans les rues de Toulouse. Encadrée par des militants de la CGT, elle réunissait des lycéens mais aussi des étudiants. « Nous nous mobilisons contre la réforme du bac, contre celle du lycée professionnel, mais aussi pour un accès libre et gratuit aux études supérieures, parce que c’est un droit pas un privilège », explique Rami, un élève de terminale du lycée Stéphane-Hessel, à Jolimont.

Comme pour ces camarades, les annonces du milieu de la journée d’Edouard Philippe « sont du vent, et maintenant qu’on est en marche on ne nous arrêtera plus », a-t-il poursuivi.

Aux côtés de centaines d’autres lycéens, il a défilé durant plusieurs minutes dans le calme. Jusqu’à l’arrivée du cortège à Saint-Cyprien où les forces de l’ordre ont décidé de bloquer l'accès au Pont-Neuf. Durant plus d’une heure, des échauffourées ont eu lieu avec les forces de l’ordre, jusqu’à la dispersion définitive vers 17h30.

Au total, 20 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre. Selon le bilan officiel de la préfecture, quatre membres des forces de l’ordre ont été blessés par des jets de projectile.

Les transports en commun à l’arrêt

Devant ces mouvements sociaux, le réseau de transports Tisséo a annoncé l’interruption « pour une durée indéterminée » des trams T1 et T2, ainsi que des deux lignes de métro. Il n’y avait pas de bus non plus.

Si des lycéens affirment soutenir les « gilets jaunes », dont certains sont présents dans leur mobilisation, les principales revendications portent sur l’abrogation de la réforme du bac, de Parcoursup ou le libre accès à l’enseignement supérieur.