«Gilets jaunes»: Ils n'ont pas «pris la mesure de la colère» des Français, estime Wauquiez à Matignon

MANIFESTATIONS Les chefs de partis ont été reçus à Matignon ce lundi après les violences du week-end...

20 Minutes avec AFP

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Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains, lundi 3 décembre à Matignon.
Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains, lundi 3 décembre à Matignon. — SIPA

Tous les chefs de partis ont été reçus par Edouard Philippe à Matignon ce lundi, après les graves violences du week-end en marge des manifestations des « gilets jaunes ». A la sortie de leur entretien avec le Premier ministre, ils ont exposé leurs solutions pour répondre à la crise.

Laurent Wauquiez, président des Républicains (LR) : « On n’a pas profondément l’impression qu’ils ont pris la mesure de la colère et de l’engrenage de la violence dans ce pays. (…) Aujourd’hui, il y a besoin de gestes d’apaisement, qui doivent venir d’une seule décision, attendue par tous les Français : l’annonce de l’annulation des hausses de taxe », a estimé Laurent Wauquiez. Le président des Républicains a également campé sur sa position en demandant un référendum pour « rendre la parole aux Français ». Demande identique pour  Benoît Hamon, président de Générations, pour demander aux Français « s’ils souhaitent oui ou non qu’on engage des états généraux citoyens vers une sixième république ».

APL et CSG, « des gestes sociaux symboliques »

Même position au Parti socialiste. « Il faut qu’il y ait un moratoire sur les taxes avant toute discussion, c’est la seule façon de rendre crédible cette discussion », a affirmé Olivier Faure. Le PS dit avoir remis des propositions au premier ministre pour « une sortie de crise ». En plus d’un « moratoire », réclamé également par la coprésidente des Radicaux Sylvia Pinel, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, demande des « gestes sociaux symboliques ». « Par exemple la baisse des APL qu’ont subie les Français pourrait être remise en cause. Par exemple une modération de la CSG, comme nous l’avons proposé […] Peut-être taxer les produits de luxe pour financer, par les gens les plus riches, l’accompagnement des Français les plus modestes », a-t-il proposé.

Le tout nouveau secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel réclame l’intégration de « la hausse des pensions, la hausse du smic » au projet de loi de financement de la Sécurité sociale.  Stanislas Guérini, le délégué général de La République en marche récemment élu rappelle la « priorité pour le pays », qui est de « maintenir l’ordre républicain, que ce qu’on a vu le week-end dernier ne se reproduise pas ».

Réunion annulée avec les « gilets jaunes »

David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts plaide pour une fiscalité carbone plus « juste » : « Il y a des mesures en matière fiscale qui étaient incompréhensibles, je pense à la diminution et à la suppression de l’ISF, je pense au CICE. […] On a demandé qu’il y ait des états généraux de la vie chère dans les jours qui viennent. »

Pour dénouer la crise climatique de la crise sociale, Delphine Batho, présidente de Génération Ecologie propose « un impôt de solidarité écologique sur la fortune parce que les hauts revenus polluent plus ». L’ancienne ministre met en garde le Premier ministre « contre la tentation d’abandonner tout effort de la nation pour le climat ».

Après les responsables de partis, le Premier ministre devait recevoir une partie des représentants des « gilets jaunes », qui ont demandé l’instauration d’un dialogue dans le JDD paru dimanche. Une rencontre finalement annulée par le collectif, qui dit avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux.