VIDEO. Paris: Les ambulanciers manifestent pour dénoncer «l'ubérisation» de leur métier

CONDITIONS Les ambulanciers demandent le retrait de l’article 80 de la loi de Finances de la Sécurité sociale qui a réformé le financement des transports sanitaires...

Manon Aublanc

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Les ambulanciers manifestent près de l'Assemblée nationale, le 3 décembre 2018 à Paris, pour dénoncer
Les ambulanciers manifestent près de l'Assemblée nationale, le 3 décembre 2018 à Paris, pour dénoncer — Lucas BARIOULET / AFP

Ils demandent au gouvernement de revenir sur la réforme mise en place le 1er octobre dernier. Des dizaines d’ambulanciers manifestent, ce lundi matin, devant l’Assemblée nationale à Paris pour dénoncer la remise en cause des conditions de transport sanitaire et « l’ubérisation » de leur métier.

Sirènes hurlantes, feux d’artifice et même gilets jaunes sur les pare-brise… Depuis 6 heures du matin, ce lundi, des dizaines d’ambulances sont stationnées place de la Concorde et sur le pont, près de l’Assemblée nationale​, pour faire entendre leurs voix. Le lieu a été choisi afin d’interpeller les députés et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Après des opérations de blocages sur le périphérique au début du mois, les ambulanciers poursuivent leur manifestation pour demander le retrait de l’article 80 de la loi de Finances de la Sécurité sociale qui a réformé le financement des transports sanitaires.

« C’est dramatique pour nous »

Mis en application début octobre, cet article « qui transfère les enveloppes budgétaires d’une partie des transports sanitaires aux établissements de santé » est « dramatique pour les ambulanciers, car 80 % des 5 600 sociétés (…) sont menacées de fermeture », a expliqué Damien Chene, manifestant et représentant du collectif de Nouvelle-Aquitaine, sur Franceinfo.

Depuis la réforme, les hôpitaux et les cliniques peuvent choisir leurs ambulances par appel d’offres et assument directement leur coût. Ce nouveau système privilégierait les grandes sociétés de transport au profit des ambulanciers indépendants. « Les fermetures de certaines sociétés ont déjà commencé, certaines sont déjà en liquidation judiciaire alors que ça ne fait que deux mois que cet article est mis en place. C’est dramatique pour nous », a-t-il ajouté. Sur de nombreux tableaux de bord, des ambulanciers ont déposé des gilets jaunes pour soutenir le mouvement, estimant être eux aussi concernés par la hausse du prix des carburants.