«Gilets jaunes» : Après la manifestation du 1er décembre, les rues de Paris ont la gueule de bois

DÉGÂTS La manifestation des «gilets jaunes» a laissé de nombreuses marques dans les rues de Paris…

Pierre Cloix

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La manifestation du 1er décembre a laissé des traces dans les rues de Paris.
La manifestation du 1er décembre a laissé des traces dans les rues de Paris. — Pierre Cloix
  • La manifestation des «gilets jaunes» du 1er décembre a été particulièrement violente
  • De nombreuses dégradations sont observables autour de l’Arc de Triomphe

Après le déferlement de jaune, les rues de Paris ont la gueule de bois. La manifestation des « gilets jaunes » du 1er décembre, la plus violente depuis le début du mouvement à la capitale, a laissé de nombreuses traces à proximité de la Place de l’Etoile. Avec, en point d’orgue, les tags et destructions qui ont touché l’Arc de Triomphe.

Le jour d’après

L’atmosphère est celle d’un lendemain de soirée trop arrosée, sauf que l’on est loin d’avoir célébré la nouvelle année ou une belle victoire sportive. Les images des débordements d’hier sont encore bien présentes et le calme de ce dimanche matin ne saurait tromper personne. En remontant les Champs-Elysées, désertés par les «gilets jaunes » ce matin, on peut observer des travailleurs qui s’attachent à enlever les panneaux de protection des vitrines des grandes enseignes. On pourrait encore simplement penser que tous ces grands magasins avaient tous décidé de faire des travaux en même temps, et que la réouverture ne saurait tarder.

L’Arc de Triomphe en symbole

Sauf que, une fois arrivé place de l’Etoile, à hauteur de l’Arc de Triomphe, le doute n’est plus permis : partout aux pieds de la structure de pierre se trouvent tags et inscriptions. « Les gilets jaunes triompheront » peut-on lire, tout comme «Macron démission » ou encore « nous avons raison de nous révolter. »

L'Arc de Triomphe a été recouvert de tags lors de la manifestation des «gilets jaunes», le 1er décembre.
L'Arc de Triomphe a été recouvert de tags lors de la manifestation des «gilets jaunes», le 1er décembre. - Pierre Cloix

Les forces de l’ordre refusent par ailleurs strictement l’accès au monument néoclassique. Dans le même temps, des ouvriers tentent tant bien que mal de se débarrasser des mots écrits à la peinture. Lorsque l’on demande à Andrew, touriste anglais ce qu’il pense de la scène, les mots qui lui viennent sont « c’est honteux. »

L'Arc de Triomphe a été recouvert de tags, lors de la manifestation des «gilets jaunes», samedi 1er décembre.
L'Arc de Triomphe a été recouvert de tags, lors de la manifestation des «gilets jaunes», samedi 1er décembre. - Pierre Cloix

Carcasses et bris

Si le symbole du monument commémorant la Première Guerre mondiale est marquant, c’est dans les rues avoisinantes, notamment avenue Kléber, que l’on peut observer le gros des dégâts. Là aussi il y a des tags, mais ils sont accompagnés de devantures brisées, d’arrêt de bus explosés et de véhicules incendiés.

Aux alentours de la place de l'Etoile, les marques de la manifestations des «gilets jaunes» sont bien présentes.
Aux alentours de la place de l'Etoile, les marques de la manifestations des «gilets jaunes» sont bien présentes. - Pierre Cloix

En descendant la rue on tombe sur un scooter, puis un autre, avant de tomber sur un épaviste qui récupère lentement une voiture calcinée. Et, au vu des marques de cendre laissées au sol, celle-ci était loin d’être la seule à avoir été touchées par les flammes. Tout au long de l’avenue, les stigmates du 1er décembre offrent un drôle de spectacle aux touristes, qui passent à côté des dégâts entre curiosité pour certains, et indifférence pour d’autres.

Avant qu’Emmanuel Macron ne se rende sur place, bien accueilli par des « gilets jaunes » et que les allées et venues ne reprennent, la place de l’Etoile offrait ainsi une ambiance étrange, ponctuée d’un arrière-goût d’amertume.