Dans une tribune, des «gilets jaunes libres» autoproclamés appellent à une «sortie de crise»

MOBILISATION Dans ce texte, ces dix porte-parole autoproclamés des « gilets jaunes libres », dont la Bretonne Jacline Mouraud, dressent une liste de revendications…

C. Ape. avec AFP

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Des «gilets jaunes» manifestent sur le Vieux-Port à Marseille le 1er décembre 2018
Des «gilets jaunes» manifestent sur le Vieux-Port à Marseille le 1er décembre 2018 — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

L’objectif : proposer un « projet viable et crédible » et « offrir au gouvernement une porte de sortie à la crise ». Des «gilets jaunes libres» affichent leur souhait d’être « les porte-parole d’une colère constructive » dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, au lendemain d’une journée de mobilisation marquée par une flambée de violences à Paris.

Dans ce texte, ces dix porte-parole autoproclamés, dont la Bretonne Jacline Mouraud à l’origine d’une vidéo virale sur la « traque aux automobilistes », condamnent « toutes les formes de violence » et se disent à la « disposition du Premier ministre pour un premier rendez-vous ».

L’exécutif prêt au dialogue

« Nous sommes prêts à en discuter », a assuré ce dimanche matin sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Depuis le début de la mobilisation des « gilets jaunes » il y a quinze jours, le gouvernement peine à établir le dialogue avec un mouvement sans leader ni idéologie précise. Vendredi, une réunion à Matignon avec Édouard Philippe a tourné au fiasco : seuls deux « gilets jaunes » y ont participé et l’un d’eux a rapidement quitté les lieux faute d’avoir obtenu que la rencontre soit diffusée en direct.

Ceux qui ne sont pas venus, c’est « parce qu’ils ont été menacés de mort par d’autres "gilets jaunes" », a affirmé Benjamin Griveaux, qui a distingué au sein du mouvement des « gens sincères » et d’autres « qui ne veulent pas négocier » et « sont là pour des raisons peut-être plus politiques ».

L’espoir d’un « accord rapide »

Les signataires de l’appel, où l’on retrouve également le Toulousain Benjamin Cauchy et le Francilien Cédric Guémy, disent espérer « un accord rapide » et appellent leurs soutiens à se structurer localement « loin de toute radicalisation et en accord avec les 80 % de Français qui nous soutiennent » pour « (construire) un projet viable et crédible, dans l’intérêt de tous ».

Ils réclament notamment « l’ouverture d’états généraux de la fiscalité », une « conférence sociale nationale », « l’organisation de référendums réguliers sur les grandes orientations sociales et sociétales du pays », ou encore la proportionnelle pour les élections législatives.

Le 26 novembre, des « gilets jaunes » avaient déjà annoncé la constitution d’une « délégation » de huit « communicants officiels » qui avait été aussitôt contestée au sein du mouvement et s’est rapidement auto-dissoute.