Syndicats et «gilets Jaunes»: Colère commune et désaccords de forme

MANIFESTATION Ce samedi, la CGT manifestait contre le chômage et la précarité, en parallèle de la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris…

Pierre Cloix

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La CGT a annoncé 12 000 manifestants dans les rues de Paris, samedi 1er décembre.
La CGT a annoncé 12 000 manifestants dans les rues de Paris, samedi 1er décembre. — Pierre Cloix / 20 Minutes
  • La CGT a manifesté depuis la place de la République jusqu'aux locaux de l'Unédic.
  • Le syndicat a annoncé la présence de 12.000 personnes.

Si le jaune tient le devant de la scène, cela n’empêche pas pour autant le rouge de colorer les rues. Ce samedi, la CGT manifestait dans Paris contre le chômage et la précarité. Une mobilisation plus « classique » que celle des « gilets jaunes », mais dans laquelle on peut retrouver des similitudes, notamment en termes de revendications.

D’ailleurs, lorsque le cortège de syndicalistes croise la route de « gilets jaunes » place de la Bastille, l’entente est cordiale. Ça, Farid, qui travaille aux Hôpitaux de Paris, l’explique simplement : « Syndicats ou "gilets jaunes", cela n’a pas d’importance, ce qui compte c’est que tous sont des Français en colère. Que ce soit pour les taxes, pour les moyens alloués aux services publics, ce qui ressort, c’est la colère.»

Même constat pour Yves Radillo, responsable CGT poste et télécoms dans l’Essonne : « Nous… (on comprend), on comprend la colère, nous sommes là tous les jours à mobiliser et à sensibiliser dans les entreprises sur les luttes sociales. On sait bien que les syndicats n’ont pas forcément une bonne image, mais il faut travailler à une vraie convergence. »

Des différences dans la forme

Pourtant, si la majorité des syndicalistes CGT interrogés dans les rues de Paris comprennent et soutiennent la mouvance des « gilets jaunes », des divergences sont observables, notamment sur la forme. Jocelyne, militante CGT pour les hôpitaux de Paris se revendique des deux « camps » mais selon elle, ce qui diffère, c’est le fait que « les syndicats sont plus structurés. » Plus structurés, mais aussi plus marqués politiquement, et c’est là que l’on peut observer un semblant de fracture. Adrien, venu spécialement de Montluçon, explique : « il est hors de question que je me retrouve du même côté que des gens d’Action Française », ou bien même « du côté de [Laurent] Wauquiez ».

De son côté, Jean (« comme Jaurès », précise-t-il), militant CGT, voit dans le syndicalisme des revendications plus larges que celles que peuvent porter les « gilets jaunes » : « Cela fait 120 ans que l’on existe, a nos manifestations, on peut voir des sans papiers, des Palestiniens… Je ne pense pas que les "gilets jaunes" aient une motivation aussi internationaliste que la nôtre. Nous, c’est l’Internationale, nous parlons à tous les peuples opprimés. »

Si « gilets jaunes » et syndicats divergent sur la façon de procéder, ils semblent toutefois posséder un terreau commun : celui du combat social. Le cortège de la CGT a par ailleurs terminé sa marche du côté des locaux de l’Unedic, qui s’occupe de la gestion des allocations chômage avec Pôle Emploi. Tout un symbole.