VIDEO. «Gilets Jaunes» à Paris : «Les CRS ont mis leur casque et commencé à gazer»

REPORTAGE Pour l'«acte 3» de mobilisation des «gilets jaunes», les manifestants sont moins nombreux sur les Champs-Elysées que la semaine dernière. Il faut dire qu'un dispositif spécial a été mis en place pour y accéder...

Pierre Cloix
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A 14 heures, on comptait 5500 manifestants dans les rues de Paris.
A 14 heures, on comptait 5500 manifestants dans les rues de Paris. — Pierre Cloix / 20 Minutes
  • Pour accéder à l’avenue des Champs-Elysées, les manifestants doivent passer par des points de contrôle. La tentative de « gilets jaunes » d’en forcer un a conduit à des heurts place de l’Etoile.
  • Les manifestants ont « l’impression de subir de tous les côtés : gasoil, taxes… On en a simplement marre ».

Barrages filtrants et fouille des sacs. Les « gilets jaunes » ont dû montrer patte blanche pour accéder aux Champs-Elysées, ce samedi pour l'« acte 3 » de leur mobilisation. Vers 11 heures, il n’y avait pas foule aux différents points de contrôle donnant accès à l’avenue. Et pour cause, l’artère a été désertée par les manifestants – à midi 5.500 avaient été recensés, le ministère de l’Intérieur en annonçait 8.000 samedi dernier – au profit de la place de l’Etoile où il y a des heurts avec les forces de l’ordre.

Pour leur première fois en tant que « gilets jaunes », Marie et François, un couple de cinquantenaires venu de l’Essonne, regrettent que les Champs-Elysées n’aient pas été le lieu de rendez-vous qu’ils avaient espéré : « C’est aussi parce qu’il y avait ce dispositif de sécurité que nous avons décidé de venir aujourd’hui. » Pourtant ces derniers restent convaincus de la nécessité de se mobiliser. « Ce n’est pas pour nous, mais pour nos enfants et les générations suivantes, un vrai écart est en train de se creuser entre les riches et les pauvres aujourd’hui », déclarent-ils.

Affrontements place de l’Etoile

A quelques dizaines de mètres de là, l’arc de Triomphe est difficilement visible à travers les gaz lacrymogènes. C’est là, sur la place de l’Etoile, que se trouve le gros des manifestants. La situation y est tendue, une minorité de « gilets jaunes » échangent pavés contre grenades lacrymogènes avec les forces de l’ordre. Les mouvements de foules se succèdent avant que les premières charges de CRS ne dégagent les abords de l’arc de Triomphe à partir de midi. Interrogés par 20 Minutes​, des « gilets jaunes » expliquent : « A 8 heures, les CRS n’avaient pas leurs casques, à 8h30, ils les ont mis et à 8h35, ils ont commencé à gazer. » Alors que les manifestants se dispersent, un convoi de camions de gendarmerie est copieusement arrosé de pavés.

« On a l’impression de subir de tous les côtés »

Dans les rues environnantes, où l’ambiance est plus calme, un groupe de « gilets jaunes » venu spécialement de l’Aisne, parmi eux Jordan : « On a l’impression de subir de tous les côtés : gasoil, taxes… On en a simplement marre ». Il est rejoint par Emilie : « Hier encore, un grand-père me parlait de l’augmentation du prix de sa mutuelle de 29 euros, il peut à peine s’en sortir ». Et Jimmy de conclure : « On nous demande de faire des efforts de tous les côtés, alors que rien n’est fait au-dessus, les services publics ne sont plus ce qu’ils étaient et tout se dégrade. »

A 13h30, de nombreux groupes volatils de « gilets jaunes » gravitaient autour de la place de l’Etoile où les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivaient.