«Gilets jaunes» à Perpignan: Qui est Thomas Mirallès, le porte-parole catalan des manifestants?

MOBILISATION Candidat sur une « liste républicaine » en 2010, puis RBM en 2014, le jeune entrepreneur ne veut aujourd'hui plus entendre parler de politique...

Nicolas Bonzom

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Thomas Mirallès, porte-parole catalan des gilets jaunes
Thomas Mirallès, porte-parole catalan des gilets jaunes — Capture d'écran Facebook Thomas Mirallès
  • Thomas Mirallès est l'une des huit porte-parole des « gilets jaunes ».
  • Courtier immobilier à Perpignan, il est papa d'un petit garçon.
  • Le jeune homme a été candidat deux fois aux municipales, à Canet-en-Roussillon.

Thomas Mirallès est l’un des huit « communicants » qui ont été désignés pour porter la voix des « gilets jaunes ». Ce courtier en immobilier de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, dit avoir rejoint le mouvement par « ras-le-bol ».

« Je suis entrepreneur, et comme tous, je suis taxé de tous les côtés, il y a beaucoup trop de charges qui nous écrasent, confie le Catalan de 27 ans. J’ai moins que le Smic​ pour vivre. Aujourd’hui, on travaille pour payer. Les gens ne peuvent plus épargner. S’il y a une grosse dépense à faire, ils ont tout de suite recours à un crédit. »

Les annonces d’Emmanuel Macron, « c’était nul »

Père d’un petit garçon, Thomas Mirallès craint pour « l’avenir ». Et ce ne sont pas les annonces d’Emmanuel Macron, mardi, qui l’ont rassuré. « C’était nul, loin des préoccupations, lâche-t-il. Il n’a rien entendu. Beaucoup ont décroché avant la fin. »

La politique, Thomas Mirallès connaît. Il a été candidat deux fois, à Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, où il résidait. D’abord en 2010, sur une « liste républicaine » avec des socialistes, des communistes, des UMP et des sans-étiquettes, comme lui. Puis en 2014, sur une liste soutenue par le Rassemblement Bleu Marine. Pour l’un comme l’autre de ces scrutins, le jeune homme parle « d’erreur de jeunesse ».

« Je ne me reconnais dans aucun parti »

« J’étais jeune et rebelle. Je souhaitais lutter contre la mairie en place, les jeunes n’étaient pas représentés. Canet-en-Roussillon est une ville que j’adore. » Un engagement qui passe mal, chez certains. Sur les réseaux sociaux, certains pointent du doigt son passé auprès du Rassemblement Bleu Marine. « Le FN ne me représente pas », clame une internaute, sur un groupe Facebook de « gilets jaunes » de Perpignan.

Aujourd’hui, Thomas Mirallès ne veut plus entendre parler de politique, et assure qu’il n’a plus aucun lien entre l’extrême droite. « Je ne me reconnais dans aucun parti, reprend-il. Par ailleurs, si le mouvement des " gilets jaunes " se transformait en parti politique, je m’en irais ».

Dans les prochains jours, le Perpignanais assure que la mobilisation va s’intensifier, et même « se durcir ». « Les gens ne vont rien lâcher, note-t-il. J’encourage vraiment tout le monde à rester pacifiste, je condamne toute forme de violence. »