VIDEO. Women in games veut plus de femmes aux manettes dans l'industrie du jeu vidéo

ASSOCIATION L'association se bouge pour que le jeu vidéo se conjugue aussi au féminin...

Nicolas Bonzom

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Une joueuse joue à un célèbre jeu vidéo de football (Illustration).
Une joueuse joue à un célèbre jeu vidéo de football (Illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • L’association Women in games se bouge pour que l’industrie du jeu vidéo s’ouvre plus largement à la gent féminine, encore sous-représentée dans le secteur.
  • L’association a mis en place de nombreux projets en tout genre pour tenter d’atteindre son objectif : doubler le nombre de femmes dans le jeu vidéo d’ici dix ans.

Si les héroïnes ne manquent pas dans l’histoire des jeux vidéo (Samus, Lara Croft, Zelda, Bayonetta…), il y a encore peu de femmes dans l’industrie qui les fabriquent. Promouvoir ces métiers auprès des jeunes femmes et ouvrir plus largement le secteur à la gent féminine est au cœur des préoccupations de l’association Women in games.

C’est en 2016, en assistant à une cérémonie de remise de prix dans le jeu vidéo, qu’Audrey Leprince, la cofondatrice du studio montpelliérain​ The Game Bakers, et Julie Chalmette, la directrice générale de Bethesda France, ont eu l’envie de mener cette bataille. « Après avoir constaté qu’il y avait bien peu de femmes sur scène ou dans le public, nous faisions le constat que l’industrie française manquait de femmes, particulièrement du côté du développement, et que celles qui en faisaient partie n’étaient pas visibles », souligne Audrey Leprince, qui préside l’association.

Dans les équipes de développement, il y a 15 % de femmes

« J’ai débuté en travaillant dans le cinéma, il y avait beaucoup de femmes, reprend Chloé Saby, d'Ubisoft Montpellier. Quand j’ai changé de voie, et que j’ai commencé à faire du jeu vidéo, je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas la même chose. Il y a des métiers où les femmes sont un peu plus présentes, comme l’artistique. Dans la programmation, en revanche, elles sont très peu. » Dans les équipes de développement, les femmes ne représenteraient que 15 % des effectifs, encore moins dans la programmation. Pour Chloé Saby, si aussi peu de femmes « font de la tech », cela vient sans doute de l’école. « Au collège, au lycée, les conseillers d’orientation ne savent pas toujours bien orienter les filles, confie-t-elle. Il existe encore des préjugés. »

« Peu de jeunes ont conscience que le jeu vidéo, c’est aussi un métier, reprend Caroline Imbert, du studio montpelliérain Alt Shift. Et chez les jeunes filles, peu imaginent qu’elles peuvent se lancer dans ce secteur. » Ultra dynamique, l’association a mis sur orbite une myriade de projets depuis plus d’un an, notamment la mise en place d’une liste de femmes « expertes » qui font du jeu vidéo, à destination des journalistes ou des écoles, une émission avec la Youtubeuse gaming Carole Quintaine, un tremplin pour les joueuses de esport, et de nombreux rendez-vous aux quatre coins de la France, pour tenter de doubler, d’ici dix ans, le nombre de femmes dans le jeu vidéo.