Bretagne: La «honteuse» liaison ferroviaire entre Rennes et Nantes sera reconstruite promet l’État

TRANSPORTS L’itinéraire actuel ne permet pas de concurrencer la voiture entre les deux métropoles...

Camille Allain

— 

La liaison ferroviaire entre Rennes et Nantes devrait être améliorée, promet l'Etat français.
La liaison ferroviaire entre Rennes et Nantes devrait être améliorée, promet l'Etat français. — C. Allain / 20 Minutes
  • L'Etat a promis la construction d'une nouvelle ligne ferroviaire Rennes Redon permettant d'améliorer la liaison avec Nantes.
  • Réclamé de longue date pour concurrencer la voiture, cet aménagement a été inscrit au projet de loi d’orientation des mobilités présenté lundi par le gouvernement.
  • L'amélioration de la ligne passera par un nouveau tracé. Les écologistes craignent des dégâts sur la vallée de la Vilaine.

A l’étude depuis des années, l’amélioration de la liaison ferroviaire Rennes-Nantes a été actée par le gouvernement, qui l’a inscrite dans l’annexe du projet de loi d’orientation des mobilités présenté lundi. Le projet, promis par l’État, prévoit une « ligne nouvelle Rennes-Redon ». Un aménagement qui sera destiné « à accélérer les liaisons Rennes-Nantes et Rennes-Quimper, pour compenser l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ».

Véritable serpent de mer, l’amélioration de la desserte entre les deux métropoles apparaît nécessaire à l’heure où la chasse au diesel est ouverte. Distantes de 100 kilomètres, les deux capitales régionales sont attractives et voient chaque jour des dizaines de milliers de voitures faire l’aller-retour sur la RN137. Prendre le train est une option, mais le trajet dure au mieux 1h15 et coûte plus cher. « C’est honteux. Quand on voit l’encombrement de la voie rapide, on comprend qu’il faut faire quelque chose », estime Gérard Lahellec.

L’élu régional chargé des transports n’est pas le seul à s’impatienter. « La liaison actuelle n’est pas performante. Nous en avons parlé à la ministre Elisabeth Borne lors de la venue du président à Quimper en juin. Mais ça n’a pas bougé depuis », concède Nathalie Appéré. La maire de Rennes avait pris la parole avec son homologue de Nantes il y a deux ans pour demander une desserte en 45 minutes et surtout plus régulière. Depuis, on a bien eu droit à des débats publics et de nouveaux rapports, mais le projet n’a pas avancé. « Le rendu est trop confus », critique Gérard Lahellec.

Dix trains quotidiens, c’est déjà mieux

Pressée de s’améliorer, la SNCF a fait ce qu’elle a pu et propose désormais dix trajets quotidiens en 1h20, contre sept auparavant. Un petit pas qui a fait bondir la fréquentation de la ligne. En 2017, année de la livraison de la LGV, le nombre de voyageurs a augmenté de 19 % pour s’établir à 172.000. En 2018, la tendance est toujours à la hausse (3 à 4 %).

Pour améliorer la liaison, l’État propose de créer une nouvelle ligne et précise que des études « seront lancées dans le quinquennat ». Les trains passeront toujours par Redon (pour mieux desservir Quimper et la Bretagne sud) mais pas sur le tracé actuel. « Les études ont toutes montré que le gain de temps ne serait pas suffisant en améliorant l’existant », rappelle le conseiller régional breton.

La délicate question de la vallée de la Vilaine

L’élaboration du tracé s’annonce particulièrement compliquée puisque les trains devront frôler mais respecter la fragile et protégée vallée de la Vilaine. « On veut une amélioration de la desserte existante, pas d’une nouvelle ligne », rappelle l’écologiste Gaëlle Rouger.

Elue à Rennes Métropole, elle craint « une artificialisation des sols » et « une menace pour l’écosystème ». Avant même le lancement des études, le sujet s’annonce déjà clivant. Quant à la mise en service, on peut difficilement l’espérer avant 2030. Une éternité pour les usagers.