Absentéisme: Près d’un quart des salariés du privé a renoncé à un arrêt maladie prescrit en 2018

TRAVAIL Moins de la moitié (39%) des arrêts maladie est liée, de près ou de loin, au contexte professionnel... 

20 Minutes avec AFP

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Illustration de salariés homme et femme
Illustration de salariés homme et femme — StockSnap/Pixabay

Près d’un quart des salariés du privé ayant eu un arrêt maladie en 2018 ne l’a pas pris, de façon partielle ou totale, révèle une étude sur l’absentéisme au travail réalisée par Malakoff Médéric, publiée ce mercredi. Un chiffre en « progression significative » par rapport à 2016.

Sur les 2.010 salariés du privé interrogés, 42 % se sont vus prescrire un arrêt maladie en 2018. Mais 23 % d’entre eux ont décidé de ne pas le respecter, contre 19 % en 2016, a indiqué Anne-Sophie Godon, directrice Innovation au sein du groupe de protection sociale. Dans le détail, « 8 % des arrêts ont été pris mais pas en totalité, et 15 % n’ont pas été pris du tout ». Deux ans plus tôt, seuls 12 % des personnes interrogées n’avaient pas respecté du tout l’arrêt maladie prescrit.

Les salariés regrettent d’avoir renoncé à un arrêt maladie

Le non-respect complet des arrêts maladie est particulièrement marqué chez les dirigeants salariés (48 %) et les cadres (22 %, contre 11 % chez les ouvriers), ainsi que dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration (30 %) et du commerce (19 %, contre 6 % dans la banque-finance-assurance). « Parmi les salariés en télétravail, 24 % renoncent à leur arrêt maladie », relève Anne-Sophie Godon.

Les salariés du privé qui regrettent de ne pas avoir respecté leur arrêt maladie sont également plus nombreux : 49 % en 2018, contre 39 % en 2016. Ils sont 45 % à penser que cela a eu un impact sur leur productivité, 38 % à estimer que cela a nui à la qualité de leur travail et 24 % à juger que cela a allongé la durée de leur maladie.

Les arrêts de longue durée de plus en plus fréquents

Autre enseignement de cette étude, moins de la moitié (39 %) des arrêts maladie est liée, de près ou de loin, au contexte professionnel (troubles musculosquelettiques, psychologiques, ou encore épuisement), d’après les personnes interrogées.

Enfin, la durée moyenne des arrêts longs (plus de 30 jours) a augmenté de 10 % entre 2012 et 2016, « impactant fortement le coût des indemnités journalières », qui progresse également en raison de la surreprésentation des salariés de plus de 50 ans dont la rémunération est plus élevée, selon une analyse statistique par Malakoff Médéric. Pour freiner l’augmentation du coût des arrêts maladie, le Premier ministre Édouard Philippe a missionné des experts qui privilégient plusieurs pistes de réflexion, dont le télétravail.