Immeubles effondrés à Marseille: Près de 1.500 personnes à l'hôtel, une «crise sans précédent» qui coûte une «centaine de milliers d'euros»

LOGEMENT La mairie de Marseille dit faire face à une « crise sans précédent », ignorant quand les gens évacués pourront regagner leur domicile...

Mathilde Ceilles

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Un marin-pompier déblaye une pierre d'un des immeubles effondrés à Marseille.
Un marin-pompier déblaye une pierre d'un des immeubles effondrés à Marseille. — Bataillon Marins-Pompiers de Marseille
  • Près de 1.500 personnes sont logées à l'hôtel, dont 400 dans des appart'hôtels jusqu'au 15 janvier. 
  • La mairie ignore quand les sinistrés pourront regagner leur logement, ni combien de personnes seront à terme évacuées. 

Les jours passent, et le nombre d’évacués ne cesse d’augmenter. Depuis le 5 novembre où huit personnes ont trouvé la mort dans l'effondrement d'immeubles, la ville de Marseille fait face à une « crise sans précédent », selon les termes de Julien Ruas, adjoint au maire en charge de la prévention et la gestion de risques urbains.

Selon le dernier bilan communiqué par la municipalité, 1.436 personnes ont dû être évacuées depuis l’effondrement de plusieurs immeubles rue d’Aubagne, causant la mort de huit personnes. Pour l’heure, ce millier de personnes est hébergé dans des hôtels, dont 400 dans des appart-hôtels jusqu’au 15 janvier au moins. Près de 500 fonctionnaires municipaux sont mobilisés selon les autorités.

Un déficit d’experts

« On ne sait pas qui va rentrer chez lui et qui ne va pas pouvoir rentrer chez lui », admet Julien Ruas. La date de ce retour au domicile reste aussi une inconnue pour les autorités. La mairie fait notamment face à un déficit d’experts, nécessaires à la prise d’arrêtés de péril imminents.

Selon Julien Ruas, seuls trois experts sont habituellement affectés au tribunal administratif de Marseille, qui se voit contraint de recourir à des experts de juridictions voisines. Pour l’heure, selon l’élu, « 80 rapports d’expertises ont été pris, dont une quarantaine n’est pas exploitable, car formulé d’une telle façon que l’on ne peut pas prendre un arrêté. »

Une facture « en centaine de milliers d’euros »

Le coût de l'hébergement de ces personnes est assuré par la ville de Marseille, et donc par les contribuables marseillais. La loi prévoit qu’après un arrêté de péril, en cas de défaillance du propriétaire, la mairie reloge les occupants aux frais du propriétaire.

« Si nous avons des propriétaires réfractaires, ces frais sont avancés par la ville », explique Julien Ruas. Une partie peut être récupérée après procédure judiciaire, mais le coût de l’hébergement, notamment l’hébergement d’urgence, pourrait ne « jamais être récupéré » par la municipalité. Les montants avancés ne sont pas encore connus avec précision, mais l’élu évoque une facture qui se chiffre « en centaine de milliers d’euros ».

Un nombre de familles à reloger à déterminer

Pour le moment, seuls 20 baux ont été signés, dont 15 relogements définitifs. La question de la gestion de l’habitat insalubre est soulevée, trois semaines après l’effondrement des immeubles.

Certains sinistrés ont réclamé la réquisition de logements vides pour faire face à cette crise sans précédent. « A priori, on ne s’oppose à rien, mais il faudra en parler quand nous saurons le nombre de familles à reloger », prévient Julien Ruas. Une donnée qui reste à déterminer selon l’élu.

« L’habitat et le logement sont des compétences qui relèvent de la métropole, rappelle Arlette Fructus, adjointe à la mairie de Marseille en charge du logement et vice-présidente de la métropole en charge de la même problématique. Depuis deux ans, on y travaille et nous avons des pistes. La présidente de la métropole va annoncer un plan, elle est prête. » Le 13 novembre, Martine Vassal affirmait travailler sur un plan pour « résoudre l’habitat indigne ». Il devait être présenté sous dix jours, mais on ignore pour l’heure son contenu.

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