VIDEO. «Gilets jaunes»: Un policier a-t-il vraiment publié des vidéos de soutien au mouvement?

FAKE OFF Un homme cagoulé, qui se présente comme un policier, a publié trois vidéos dans lesquelles il encourage ses « collègues » à rejoindre les « gilets jaunes ». Mais les preuves de son appartenance aux forces de l’ordre sont discutables…

Mathilde Cousin

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Des policiers font face à des « gilets jaunes », le 17 novembre, sur l'autoroute A8, près du péage d'Antibes.
Des policiers font face à des « gilets jaunes », le 17 novembre, sur l'autoroute A8, près du péage d'Antibes. — Frederic DIDES/SIPA
  • Un homme se présentant comme policier a publié trois vidéos de soutien aux « gilets jaunes » sur Facebook. Il apparaît cagoulé dans chacune des trois vidéos
  • Une des vidéos a été reprise sur plusieurs pages et comptes Facebook et a été vue plus de 4,7 millions de fois depuis samedi.
  • L’homme exhibe des écussons de la police pour prouver qu’il fait bien partie des forces de l’ordre. Toutefois, il est aisé de se procurer de tels écussons sur internet.

Plus de 4,7 millions de vues cumulées pour une vidéo « coup de gueule » sur Facebook. On y voit un homme cagoulé, se présentant comme un policier, partager son soutien aux « gilets jaunes ».

La vidéo originale a été publiée le 24 novembre, une journée marquée par les manifestations nationales des «  gilets jaunes », dans un groupe Facebook dédié à ces mêmes « gilets jaunes ». Elle a depuis été supprimée. Le profil de l’internaute a également été supprimé.

La vidéo a été republiée sur YouTube et sur plusieurs pages Facebook, ainsi que sur le réseau social VKontakte. L’homme déclare filmer sa vidéo depuis « la chambre de son fils ». Il affirme être « à l’étranger » et dans les « DOM-TOM ». Dans une deuxième vidéo, l’homme précise « être en détachement dans un autre pays ».

L'internaute invite les « gilets jaunes » à « être mieux organisés »

Trois  vidéos de l’homme circulent sur Facebook. Dans chacune, il se présente comme policier et invite ses « collègues » à « rejoindre le mouvement » des « gilets jaunes ». Il invite les « gilets jaunes » à « être mieux organisés ».

« Ce n’est pas un fake », précise-t-il à plusieurs reprises. Pour prouver sa bonne foi, l’homme montre plusieurs écussons de la police nationale, dont un des CRS. Il montre également le brassard « police » à son bras et l’écusson brodé sur son polo.

Pour encourager les gens à se joindre aux manifestations, l’homme évoque dans deux vidéos une rupture prochaine des stocks de gaz lacrymogène de la police.

FAKE OFF

« Non, il n’y a pas de risque de pénurie de gaz lacrymogène, car nous avons des stocks communs avec la gendarmerie nationale », explique le service communication de la police nationale à 20 Minutes.

L’homme est-il vraiment policier, comme il le prétend ? Exhiber des insignes n’est pas une preuve de la qualité de policier. En quelques clics, on retrouve des sites qui proposent à la vente des badges ou des écussons de la police nationale. Des sites spécialisés proposent même des écussons créés à la demande. Quant au brassard « police », on en trouve facilement des exemplaires en vente sur internet.

« Peu probable qu'il soit policier »

« Je ne peux pas vous confirmer que cet homme est policier, je ne peux pas non plus vous l’infirmer », détaille le service communication de la police nationale, qui ajoute néanmoins qu'« il est peu probable que ce soit un policier. » Plusieurs éléments apparaissent suspects aux yeux de la police nationale : « l’homme présente des écussons des CRS, de la PAF (police aux frontières), de la sécurité publique, de la préfecture de police de Paris. A l’âge apparent de ce monsieur, cela fait beaucoup de directions. En général, on fait une ou deux directions dans une carrière. » L’écusson qui se trouve sur le polo bleu de l’homme est cousu à l’endroit où devrait se trouver le grade, ajoute la police nationale.

Autre élément douteux, les casquettes accrochées au mur derrière l’internaute. La casquette accrochée en haut est une casquette de commissaire. La casquette blanche, en dessous, est celle d’un gardien de la paix. « Ces deux grades sont aux antipodes », souligne le service communication de la police nationale. Dernier point selon la police, l’internaute évoque des « sous-officiers », qui ne sont pas un grade de la police mais un grade militaire. La police nationale « se pose la question » d'un dépôt de plainte après la diffusion de ces vidéos.

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