Ain: Un éleveur confie «sa misère» et interpelle Emmanuel Macron

COLERE Le producteur de la Bresse a posté une vidéo sur les réseaux sociaux adressée au président de la République...

Caroline Girardon

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L'éleveur qui produit 16.000 volailles par an, a interpellé Emmanuel Macron sur sa misère.
L'éleveur qui produit 16.000 volailles par an, a interpellé Emmanuel Macron sur sa misère. — Jean-Philippe Ksiazek AFP/Archives

RECTIFICATIF : Le chef des cuisines de l'Elysée a apporté un démenti le lendemain, affirmant que les volailles dégustées le 11 novembre par les chefs d'Etat n'étaient pas celles d'Aloïs Gury. Depuis, ce dernier a rendu inaccessible sa vidéo initiale.

« Après avoir régalé la planète entière avec mes volailles de Bresse lors du 11 novembre au palais de l’Elysée…..moi je suis toujours dans la merde. » Aloïs Gury, producteur de volailles de Bresse dans l’Ain a posté le week-end dernier une vidéo sur les réseaux sociaux afin d’interpeller le président de la République sur « la misère » dans laquelle il vit. Une vidéo devenue virale, visionnée plus de 54.000 fois.

Vêtu d’un gilet jaune, l’éleveur, face caméra, parle avec émotion pendant près de huit minutes, évoquant dans le désordre son quotidien. S’il se dit « fier » de voir « son boulot valorisé », l’homme de 33 ans déplore néanmoins la difficulté de son métier.

80 heures de travail par semaine pour un salaire de 700 euros

« Monsieur Macron, vous ne méritez pas de manger mes volailles. Je suis dégoûté. Vous ne connaissez rien à l’agriculture. Vous ne savez pas le travail qu’il y a derrière… Je ne m’en sors pas », lance-t-il avec colère. Et d’évoquer les 80 heures de travail hebdomadaires pour « essayer de se sortir un salaire de 700 euros ». « C’est ma mère de 70 ans qui me fait 50 euros de course tous les mardis parce que je n’ai pas les moyens », enchaîne-t-il les yeux rougis.

« J’ai une semaine de vacances en trois ans », poursuit-il la voix étouffée de sanglots. « Je produis 16.000 volailles par an. Il n’y a pas de jour de repos, pas de répit », martèle Aloïs Gury appelant Emmanuel Macron à trouver des solutions.