Nantes en Bretagne? Une pétition de 100.000 signatures demande une votation sur la question

REUNIFICATION L’association Bretagne réunie demande l’organisation d’une consultation sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne…

Julie Urbach

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Une manifestante à Nantes pour la "réunification" de la Bretagne, le 31 mai 2014
Une manifestante à Nantes pour la "réunification" de la Bretagne, le 31 mai 2014 — Jean-Sebastien Evrard AFP
  • Mardi, l’association Bretagne réunie a annoncé avoir récolté 100.000 signatures.
  • Avec cette pétition, remise ce soir au président du conseil départemental de Loire-Atlantique, ils espèrent qu’un débat aura lieu sur la question du retour à une Bretagne à cinq départements.

 

Ils ont mis plus de deux ans à sillonner les bureaux de vote, marchés et autres événements culturels mais ils y sont parvenus. Ce mardi, les membres de l’association Bretagne réunie se rendront au conseil départemental de Loire-Atlantique les bras chargés d’une vingtaine de boîtes en carton. A 18h, ils doivent remettre à Philippe Grosvalet, le président du département, les 100.000 signatures manuscrites qu’ils ont récoltées pour leur pétition. Objectif : l’organisation d’une consultation populaire sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

« Partout où nous avons été, à Nantes, Saint-Nazaire, Châteaubriant ou Pornic, il y a une soif de Bretagne mais aussi une soif de démocratie, assure Henry Colliot, vice-président de Bretagne réunie. Une pétition d’une telle ampleur, avec la participation de 10 % d’un corps électoral, c’est du jamais vu en France ! » Mais aussi une condition nécessaire pour que la question soit inscrite à l’ordre du jour d’une prochaine session du conseil départemental. Dans le cadre de la loi NOTRe, le droit d'option permet aux départements, et ce jusqu’en mars prochain, de choisir une autre région de rattachement.

Votation consultative

Le rêve de ces partisans de la réunification, c’est donc que les conseillers départementaux donnent leur feu vert à une votation consultative, organisée par les mairies, et dont ils ont même déjà imaginé la date (le 25 février prochain). « Après le référendum de Notre-Dame-des-Landes où certains ont vu leur vote bafoué, ce serait un bon moyen de réconcilier la population et les institutions, estime Paul Loret, président de Bretagne réunie. Ça fait 45 ans que ce sujet est débattu entre les gens. Il faut un véritable débat démocratique. »

Alors que les derniers sondages leur donnent à chaque fois raison, les militants de Bretagne réunie espèrent surtout qu’après un dernier vote de l’assemblée départementale, la Loire-Atlantique quitte les Pays de la Loire (qu’elle a rejoint en 1972) pour la région voisine. Au-delà des arguments historiques et culturels, ils y voient un enjeu économique. « Cette identité territoriale, c’est important pour le tourisme, pour le développement du port Nantes-Saint-Nazaire, mais aussi pour les nombreuses entreprises qui veulent cette étiquette positive bretonne, explique Bretagne réunie. Quant à la rivalité entre les villes, on peut imaginer trois capitales : Brest pour l’aspect maritime, Rennes pour l’administratif et Nantes comme capitale économique. »

Le président Grosvalet pas favorable

Reste que de nombreuses résistances dans un timing serré sont à franchir pour en arriver là. Car le président du conseil départemental Philippe Grosvalet s’est toujours montré défavorable à cette idée. Même si la question était soumise au vote de l’assemblée, pas sûr qu’une majorité puisse se dégager.

Des débats devront aussi être menés dans les deux régions concernées. Si la région Bretagne se dit intéressée par cette perspective, pas sûr que les Pays de la Loire soient partants de dire au revoir à ce département moteur. « Ce serait un échec si nous ne pouvons mener notre démarche jusqu’au bout, et un risque que les électeurs partent ensuite vers les extrêmes ou boudent les urnes, juge Paul Loret. Mais nous ne nous arrêterons pas là et taperons plus haut, jusqu’à l’Etat. »