VIDEO. «Gilets jaunes»: Qui est Mathieu Blavier, ce «citoyen lambda» devenu l'un des porte-parole

PORTRAIT Mathieu Blavier, jeune étudiant en droit originaire de Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, a été désigné porte-parole des « gilets jaunes »… 

Mathilde Ceilles
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Des gilets jaunes (illustration).
Des gilets jaunes (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Mathieu Blavier est l’un des huit porte-parole désignés par les « gilets jaunes ».
  • Cet étudiant en droit à Aix-en-Provence a été repéré sur les réseaux sociaux.
  • « Je n’ai aucune légitimité, aucun pouvoir, à part celui de transmettre un message », reconnaît-il.

Il n’y a pas si longtemps, Mathieu Blavier était un étudiant comme les autres, qui bachotait pour avoir sa licence 3 de droit à la faculté d'Aix-en-Provence quand il n’était pas chez lui à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. En parallèle, il tenait son entreprise de jus de pommes artisanal, ouverte il y a deux ans. Aujourd’hui, le jeune homme de 22 ans se retrouve sur le devant de la scène, à devoir répondre aux questions des journalistes, une oreille sur le discours d' Emmanuel Macron à la télévision et un œil sur ses pâtes en train de cuire.

 

Mathieu Blavier, porte-parole des gilets jaunes

Mathieu Blavier fait partie des huit personnes désignées porte-parole des « gilets jaunes ». Comment ce passionné d’aéronautique, titulaire d’un CAP et d’un bac pro dans ce domaine après un apprentissage au sein d’Airbus Helicopters, en est-il arrivé là ? Tout a commencé selon lui sur les réseaux sociaux il y a plusieurs mois, bien avant la première journée de mobilisation des « gilets jaunes ». « Je parlais sur différents groupes Facebook, comme “La France en colère”, pour exprimer mon mécontentement, explique-t-il. Je ne suis qu’un citoyen lambda qui a poussé sa gueulante, peut-être un plus fort que les autres. »

Repéré via ses « opinions sur Facebook »

Parmi les thèmes qu’il défend, le jeune homme s’agace de la mauvaise considération des handicapés, lui qui se désole de voir le pouvoir d’achat de son grand-père diminuer en raison de la hausse de la CSG. Mathieu Blavier plaide également pour le développement de l’apprentissage, une « super opportunité » pour les jeunes selon lui.

« Je partageais mes opinions sur Facebook, comme lors d’une discussion de café, remettais en place quelques-uns de l’extrême droite, explique-t-il. Et là j’ai été repéré. J’ai été ajouté à une conversation Messenger où il y avait déjà entre 40 et 50 membres. »

A croire Mathieu Blavier, les membres de cette conversation Messenger constituent le noyau dur du mouvement des « gilets jaunes ». La genèse de la contestation, dans sa forme et dans le fond, proviendrait de ces échanges au sein de ce groupe virtuel qui a compté jusqu’à 160 personnes. « Je n’étais pas là au tout début, mais je fais partie des personnes qui ont plus ou moins initié ce mouvement. Je veux aider, au niveau juridique, j’ai des connaissances notamment sur le vocabulaire, de par mes études. »

Désigné après un sondage

Sur les réseaux sociaux, comme d’autres porte-paroles du mouvement, Mathieu Blavier se retrouve toutefois contesté, certains « gilets jaunes » l’estimant illégitime. Son rôle de porte-parole, Mathieu Blavier affirme le devoir à un vote, « une sorte de sondage », entre la centaine de membres de ce même groupe de conversation, qui se tient désormais sur Telegram.

« Je n’ai aucune légitimité, aucun pouvoir, à part celui de transmettre un message, reconnaît-il. Je porte indirectement la parole du peuple, pas celle de celui qui veut une réduction de Nutella au supermarché. Nous avons fait une réunion en urgence pour désigner des porte-parole car nous voulions faire barrage à certaines personnes politiques qui veulent récupérer le mouvement. Or, nous ne sommes affiliés à aucune étiquette politique. »

« Je tiens à ma vie tranquille »

D’ailleurs, Mathieu Blavier l’affirme : la politique ne l’intéresse pas. « Je m’occupe de personnes localement, je fais de temps en temps des maraudes auprès de SDF, mais de là à finir président de la République, député, ou maire, non !, se marre-t-il. Je tiens à ma vie tranquille, je compte voyager à travers mon métier. Je ne cherche pas à avoir de la notoriété. Je préférerais d’ailleurs me cacher des médias, mais avec ce statut, c’est impossible. »

Dans un futur proche, Mathieu Blavier espère intégrer un master de droit spatial. Il faudra toutefois avant réussir les partiels, ce qui n’est pas gagné d’avance. « C’est beaucoup de sacrifices, j’ai mis les partiels un peu de côté là, je pense, ce semestre, je ne les aurai pas », confie-t-il.

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