Lyon: Les pompiers manifestent mardi et annoncent une grève pour la Fête des lumières

MOBILISATION Les soldats du feu dénoncent leurs conditions de travail...

Caroline Girardon

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Les pompiers du Rhône manifesteront le mardi 27 novembre pour dénoncer leurs conditions de travail.
Les pompiers du Rhône manifesteront le mardi 27 novembre pour dénoncer leurs conditions de travail. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Les pompiers du Rhône seront en grève le mardi 27 novembre pour dénoncer leurs conditions de travail.
  • En cause : le nombre d’interventions qui a augmenté de presque 20 % en un an et le manque d’effectifs.
  • Les professionnels sont de plus en plus obligés de faire appel aux pompiers volontaires qui travaillent parfois à plus de 30 kilomètres.

Une sorte de « répétition générale » avant la Fête des lumières de Lyon. Les pompiers du Rhône vont manifester mardi dans les rues de la ville afin de dénoncer leurs conditions de travail. En grève, ils appellent à un rassemblement à partir de 9h devant la rue des Archives dans le quartier de la Confluence, avant de se diriger en cortège vers la direction du quartier général, rue Rabelais.

« Chaque année, nous alertons les élus sur les missions de plus en plus nombreuses à réaliser et sur le manque d’effectifs. Malheureusement, les autorités restent sourdes. Nous sommes épuisés et forcément, notre travail perd en qualité », expose Franck Chenal, porte-parole du syndicat SUD SDIS du Rhône, ajoutant qu’un préavis de grève avait été déposé du 6 au 9 décembre, période à laquelle se déroulera la Fête des lumières.

Presque 20 % d’interventions en plus par rapport à l’an dernier

Les sollicitations sont en hausse constante : + 18 % en 2018, selon les syndicats. « Nous sommes passés en deux ans de 95.000 interventions par an à 107.000. Cette année, nous en sommes déjà à 130.000 et la direction table sur un chiffre de 140.000 », étaie Franck Chenal. Et d’insister : « Le problème est que les effectifs ont diminué. En 2009, nous étions 1.370 pompiers dans le département. Aujourd’hui, nous sommes 1.010 et si l’on tient compte du fait que certains sont en disponibilité, cela fait en réalité moins de 990 ».

Pour pallier le manque d’effectif, la direction a néanmoins annoncé l’embauche de 50 soldats du feu dans les cinq ans à venir et 33 personnes supplémentaires cette année. Mais selon Franck Chenal, cela reste insuffisant. « En résumé, 10 pompiers de plus par an, ce sont deux personnes supplémentaires chaque jour. C’est trop peu. Depuis plusieurs années, nous ne parvenons pas à respecter le cadre de gestion opérationnel [un arrêté pris par le Préfet] qui fixe un nombre de pompiers mobilisés sur l’année. Nous sommes bien en dessous des effectifs imposés. Deux personnes de plus ne permettront pas de combler cet écart. »

Une réunion en préfecture mercredi

Conséquence du manque de personnels, les professionnels seraient obligés de faire de plus en plus appel aux pompiers volontaires. « L’autre jour, la caserne de Lissieu est intervenue rue Jean-Jaurès à Lyon. Une fois, c’est celle de Chaponost qui a dû se rendre à la Croix-Rousse. Ce sont des trajets de parfois 30 kilomètres. Il faut compter entre 20 et 30 minutes pour qu’ils arrivent sur place. C’est beaucoup trop long quand il s’agit d’une urgence vitale », plaide Franck Chenal. Et d’ajouter : « la solution n’est pas de remplacer les pompiers professionnels par des volontaires, qui mènent d’autres activités en dehors des heures à la caserne, et qui doivent remplir leurs devoirs citoyens afin d’aider leurs communes ».

Les grévistes doivent être reçus mercredi matin par le préfet délégué pour la défense et la sécurité.