VIDEO. Violences sexistes: Des milliers de femmes et d'hommes ont manifesté dans 50 villes de France

#NOUSTOUTES Des milliers de personnes ont manifesté à Paris et dans une cinquantaine de villes…

Floréal Hernandez

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Des milliers de femmes et d'hommes ont manifesté à Paris et dans 50 villes de France contre les violences sexistes, ce samedi.
Des milliers de femmes et d'hommes ont manifesté à Paris et dans 50 villes de France contre les violences sexistes, ce samedi. — Olivier MORIN / AFP
  • Le mouvement #NousToutes avait choisi le violet comme couleur, de nombreuses pancartes « Ras le viol » ont été brandies.
  • A Paris, le cortège féministe a rassemblé plus de manifestant.e.s que celui des « gilets jaunes ».
  • Chaque année, près de 220.000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres 2017 officiels.

Un an après la vague #MeToo, des milliers de femmes et d'hommes ont manifesté dans une cinquantaine de villes de France pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes. La couleur choisie par le mouvement #NousToutes était le violet. 

Le cortège parisien, à l'écart de celui des «gilets jaunes» estimé à 8.000 manifestants, a rassemblé 12.000 personnes, selon la préfecture de police. Il est parti vers 14h30 du quartier de l'Opéra en direction de la place de la République, à la veille de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes. Beaucoup de manifestants arboraient des pancartes «Ras le viol !», réclamant la fin de «l'impunité des agresseurs» et «des moyens financiers suffisants». Aucun incident n'a été à déplorer.

 

«Facho, macho, ils nous cassent le clito»

Des personnalités d'horizons divers, parmi lesquelles les comédiennes Muriel Robin, Eva Darlan, Vanessa Demouy et Juliette Arnaud, se sont jointes à la marche parisienne. «Je suis là pour soutenir toutes les victimes et continuer ce combat qui a commencé bien avant moi», a déclaré, foulard violet au bras, Muriel Robin, qui avait réuni plus d'un millier de femmes à Paris en octobre contre les violences conjugales.

A Marseille, plusieurs centaines de personnes ont défilé. «Malgré le mouvement #Metoo, dans les quartiers de Marseille, on ne parle toujours pas de ces sujets, c'est pourquoi c'est très important d'être là aujourd'hui», a témoigné Manon Millet, directrice d'un centre social.

Les féministes ont été également plusieurs centaines à battre le pavé dans le centre de Rennes. Parmi elles, une majorité de femmes, mais aussi de nombreux hommes. Pour Tanguy, un étudiant de 19 ans, «c'est un mouvement qui n'a pas de sexe, ce n'est pas un combat des femmes contre les hommes mais un combat des hommes et des femmes, ensemble, contre les inégalités». Des manifestants rennais portaient des pancartes clamant «on veut des droits, pas des roses», «abuse de l'amour, pas des femmes», «facho, macho, ils nous cassent le clito»...

123 femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en 2016 en France

Né en septembre et appuyé par plusieurs associations, le mouvement #NousToutes entend «passer du témoignage à l'action», un an après #MeToo, qui a fait bondir de 23% le nombre de cas de violences sexuelles signalées à la police.

En France, en 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours. Chaque année, près de 220.000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres 2017 officiels. En outre, plus de 250 femmes sont violées chaque jour, et une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.