VIDEO. «Gilets jaunes» dans le Bas-Rhin: A Haguenau, on s'efforce de «redonner une image positive au mouvement»

MOBILISATION Une cinquantaine de personnes s’est rassemblée ce samedi matin dans le cadre du blocage des « gilets jaunes » du 24 novembre…

Alexia Ighirri

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Un rassemblement de gilets jaunes samedi 24 novembre à Haguenau, dans le Bas-Rhin.
Un rassemblement de gilets jaunes samedi 24 novembre à Haguenau, dans le Bas-Rhin. — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Pendant que la situation se tendait à Paris, une cinquantaine de «gilets jaunes» s'est réunie dans une ambiance bon enfant ce samedi matin à Haguenau, au nord de Strasbourg dans le Bas-Rhin.
  • « Pas de blocage » et un rassemblement « sans casse » et « apolitique », martèle son organisateur le motard Titus67, leader du groupe « Les gilets jaunes pacifiques Haguenau 67 ».
  • « Je veux redonner une image positive aux gilets jaunes. Il y a un ras-le-bol, et pas que pour le carburant. Tout augmente sauf le pouvoir d’achat (...) Mais, selon moi, le pacifisme rapporte plus que la violence. » 

Pendant que la situation se tendait à Paris, l’ambiance se voulait bon enfant ce samedi matin au rassemblement des « gilets jaunes » à Haguenau, au nord de Strasbourg, dans le Bas-Rhin. Une cinquantaine de personnes s’était installée au rond-point de la RD 1062, avec leurs banderoles et un drapeau alsacien, provoquant de petits ralentissements sur une voie d’accès à la zone d’activité.

« Pas de blocage » et un rassemblement « sans casse » et « apolitique », martèle son organisateur le motard Titus67, leader du groupe « Les gilets jaunes pacifiques Haguenau 67 ».

 

« Redonner une image positive aux "gilets jaunes" »

Une Marseillaise chantée à pleins poumons plus tard, il explique : « Je veux redonner une image positive aux "gilets jaunes". Il y a un ras-le-bol, et pas que pour le carburant. Tout augmente sauf le pouvoir d’achat. Regardez les retraites aussi : j’ai 65 ans et je dois encore bosser. Il y a plein de choses à dire. Mais, selon moi, le pacifisme rapporte plus que la violence. » Un discours qui peut faire écho aux débordements parisiens ou encore à l' interpellation dans la semaine de cinq personnes pour «dégradations» à Haguenau.

Chauffeur de taxi dans le Bas-Rhin, Cyril semble un peu moins convaincu : « C’est triste à dire, mais ce n’est pas en étant gentil qu’on obtient des choses. Il faut un rapport de force. Moi je n’irai rien casser, mais je ne me fais pas trop d’illusions. » Le trentenaire regrette également que ne soit « relevée que la casse, qui a été limitée vu le nombre de manifestants samedi dernier ».

« C’est le cri de détresse de la classe populaire »

Il est venu au rassemblement de Haguenau avec son frère Régis pour porter « le cri de détresse de la classe populaire », exprimant un sentiment d’injustice : « Macron fait des cadeaux fiscaux aux riches, ce qu’on a nous à côté ce n’est rien. Et nous, on n’échappe à rien. Le carburant c’était le foutage de gueule de trop, parce qu’on ne taxe pas les avions, les bateaux, mais on nous fait culpabiliser parce qu’on roule en 205… »

« L’élite est déconnectée du peuple. Il y a une fracture sociale et, en plus, le mépris de Macron. Il faut revoir tout le système, parce que juste geler les taxes, ça ne marchera pas. »

Cyril et son frère soulignent par ailleurs « qu’il ne faut pas empêcher les gens de circuler », histoire que « le mouvement reste populaire ». Dans la file avançant au ralenti, les automobilistes, routiers et motards sont invités à faire du bruit par les « gilets jaunes ». Ils ne se font pas tellement prier pour montrer leur soutien, la main sur le klaxon, leur gilet jaune posé à l’avant du véhicule.

Quand ce ne sont pas des pouces levés ou des « bravos » lancés par la fenêtre. Au volant, Laura les soutient : « Je les comprends. Et c’est une bonne chose qu’ils ne bloquent pas totalement la route, pour ne pas pénaliser ceux qui galèrent aussi, comme eux, mais qui ont besoin de se déplacer. »

D’autres barrages filtrants et trois opérations escargot dans le Bas-Rhin

Dans le département bas-rhinois à la mi-journée – outre Haguenau — des barrages filtrants étaient toujours en cours à Thal-Drulingen, Ingwiller, Wissembourg et Dorlisheim. Des rassemblements sans barrage ont été observés à Rothau, Châtenois, Gundershoffen, Wasselonne, Roppenheim, Erstein, Saverne, Sarre-Union et Marmoutier.

Trois opérations escargot ont été organisées ce samedi matin sur l’A35 entre Ostwald et Vendenheim, sur la RD 500 entre Obernai et Dorlisheim et sur l’A4 entre Vendenheim vers Bernolsheim.

La préfecture du Bas-Rhin indiquait alors que les rassemblements se déroulaient dans une ambiance calme et ont généré uniquement quelques ralentissements de la circulation. Aucun nouvel accident n’est à déplorer depuis dimanche.