Illustration d'une tumeur du cerveau.
Illustration d'une tumeur du cerveau. — F. Durand / SIPA

SANTE

Des chercheurs développent une technique contre les cancers cérébraux, un espoir pour la recherche

Des chercheurs de l’école des Mines de Saint-Etienne ont mis au point une technique par électrostimulation pour essayer de traiter les glioblastomes, des tumeurs cérébrales très agressives…

  • Des chercheurs de Saint-Etienne (Loire) développent actuellement une technique par électrostimulation pour traiter les cancers cérébraux.
  • Cette solution, complémentaire à la chirurgie, consiste à envoyer des impulsions électriques, faibles mais régulières, sur la tumeur cancéreuse.
  • L’objectif, à terme, est d’améliorer l’espérance de vie voire de parvenir à soigner les glioblastomes, la forme la plus agressive de cancers cérébraux.

Les recherches devraient durer plusieurs années encore mais leurs travaux sont déjà porteurs d’espoir. Une équipe de chercheurs de l'école des Mines de Saint-Etienne (Loire) a mis au point une nouvelle technique pour lutter contre les cancers cérébraux. Et plus particulièrement les glioblastomes, une forme très agressive, que la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie ne parviennent pas à guérir aujourd’hui.

« Il y a 2.400 cas de cancers de ce type détectés chaque année en France. Cela peut toucher tout le monde, à n’importe quel âge. Avec un traitement, l’espérance de vie du patient est d’un an à quinze mois (de 3 à 5 mois sans) », indique Denise O’Connor, ingénieur de Recherche et de Développement aux Mines. Seuls 5 % environ des malades s’en sortent.

L’enjeu des recherches actuellement menées à Saint-Etienne, dans le cadre d’un projet scientifique avec l’université de Limoges, est donc crucial. La technique, testée in vitro et en cours d’expérimentation sur des œufs de caille fécondés, est complémentaire à la chirurgie.

Complémentaire à la chirurgie

Le projet, baptisé AtPulseGliome et financé par la fondation EDF, permettrait de détruire les glioblastomes via des impulsions électriques faibles mais régulières envoyées grâce à des micro-électrodes sur la tumeur cancéreuse. Cela permettrait de cibler, avec une extrême précision, les cellules résiduelles, à l’origine dans la plupart des cas d’un retour de la masse cancéreuse, ou d’atteindre les tumeurs inaccessibles.

Le champ électrique, plus faible que les techniques utilisées aujourd’hui, a l’avantage de pouvoir cibler les cellules atteintes sans toucher aux saines. « Les recherches doivent permettre de voir comment la cellule réagit, à quel moment elle est tuée. Et si l’électrostimulation sur la zone ciblée permet de ne pas nuire aux cellules saines », ajoute Denise O’Connor, qui travaille sur cette technique avec Rodney O’Connor et Hermanus Ruigrok notamment.

Si les résultats des expérimentations in vivo sont probants, les recherches devraient se poursuivre sur des patients. « C’est très difficile de dire dans quel délai. Les procédures sont longues. Les comités d’éthique devront se prononcer. Mais notre espoir est de pouvoir un jour soigner ces cancers ou de rallonger l’espérance de vie des malades », ajoute la chercheuse.