Migrants: La hausse des tentatives de traversée de la Manche inquiète la préfecture

IMMIGRATION En 2018, 30 personnes ont déjà essayé de rejoindre l'Angleterre sur une embarcation de fortune...

20 Minutes avec AFP

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Trois migrants ont tenté de traverser la Manche, le 4 août 2018.
Trois migrants ont tenté de traverser la Manche, le 4 août 2018. — STR / AFP

Le phénomène est « en train d’exploser », selon les autorités. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord s’alarme de la hausse des tentatives de traversée de la Manche depuis octobre, peut-être liée à l’approche du Brexit. Au total, ce sont 36 personnes qui ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni dans la seule nuit de mercredi à jeudi.

En 2016, date de début du phénomène, les services de la préfecture maritime avaient recensé 23 tentatives de traversées en embarcation de fortune. En 2017, le chiffre était redescendu à 13. « Avec les deux opérations de cette nuit, on en est à 30, mais surtout à 17 depuis octobre… », explique ce vendredi la capitaine Ingrid Parrot, porte-parole de la préfecture maritime basée à Cherbourg.

Patrouilles en mer renforcées

Au cours de la nuit, le Centre des opérations maritimes (COM) de la préfecture de la Manche a dû gérer deux opérations distinctes en mer. Pour expliquer cette brusque hausse depuis octobre, la préfecture maritime émet deux hypothèses : le Brexit et les conditions climatiques. « Avant qu’il y ait une frontière complètement fermée, on suppose que [les migrants] souhaitent à tout prix partir tant que le Brexit n’est pas effectif », avance le capitaine Parrot. L’autre tentative d’explication tient aux conditions météorologiques particulièrement clémentes lors de cette arrière-saison.

Face à cette recrudescence des tentatives, « on renforce nos patrouilles » en mer, relève Ingrid Parrot. Depuis le début des tentatives en 2016, il n’y a eu a priori aucun décès et aucune disparition en mer, rappelle la préfecture. « On n’a pas eu à déplorer des cadavres non identifiés sur une plage, on veut à tout prix éviter cela ». La densité du trafic, les courants importants, les hauts-fonds, le vent quasi permanent et la température de l’eau rendent la traversée du détroit du Pas-de-Calais (33 km de distance minimale) très difficile et extrêmement dangereuse.