VIDEO. «Gilets jaunes» à Nantes: Canapé, barbecue... Au rond-point d’Armor, ils ont installé un véritable «QG»

MOBILISATION A Nantes, plusieurs dizaines de manifestants occupent toujours le rond-point d'Armor, devenu leur QG depuis six jours...

Julie Urbach
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Le rond point d'Armor à Nantes est occupé depuis six jours par les gilets jaunes
Le rond point d'Armor à Nantes est occupé depuis six jours par les gilets jaunes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Depuis samedi, les «gilets jaunes» nantais se donnent rendez-vous au rond-point d'Armor.
  • Alors que les blocages commencent à se lever, la vie sur place s'organise.

« Qui veut une côtelette » ? Il est 11h30 et les essuie-glaces des voitures qui passent sont enclenchés depuis une bonne heure. Sur un terre-plein herbeux, entassés sous un barnum qui fuit, des gilets jaunes se serrent non loin du barbecue. Sur la table, la charcuterie a quitté son blister et l’énorme tube de mayo est presque vide. « Il faut reprendre des forces », sourit un homme d’une cinquantaine d’années, avant de croquer dans un morceau de pain.

Depuis six jours, d’irréductibles « gilets jaunes » continuent de se mobiliser en France, notamment contre la hausse du prix du carburant. A Nantes, c’est au rond-point d’Armor, l’un des plus gros giratoires de la périphérie nantaise, que plusieurs dizaines d’hommes et de femmes de tous âges se retrouvent de longues heures chaque jour, et pour certains la nuit. Sur place, un petit camp a pris forme : des abris ont été construits, des canapés et un groupe électrogène ont été installé. Il y a même quelques règles de conduite, comme l’interdiction de boire de l’alcool. « Ce n’est pas bon pour notre image », glisse un homme.

Les blocages levés

Au début, des barrages filtrants ont été mis en place et ont fortement perturbé la circulation aux abords de l’importante zone commerciale Atlantis et du périphérique. Mais ce n’est plus vraiment le cas ce jeudi « On a rouvert la voie que l’on avait neutralisée à cause de la pluie, pour des raisons de sécurité, indique Benjamin, l’un des « médiateurs », en gilet orange, de ce mouvement sans réel leader. Et puis les blocages, au final, ça ne sert à rien si on veut un mouvement qui dure. » Une opération « parking gratuit » a tout de même été menée au CHU ce jeudi après-midi, immédiatement cessée à l’arrivée de la police.

Alors que le mouvement s’est radicalisé dans certaines régions, l’ambiance est différente ici, au grand dam de certains militants qui réclament sur les réseaux sociaux davantage d’opérations coup de poing ou de blocages. Sur place, cette ligne de conduite suscite le soutien, à en croire les klaxons et les nombreux dons qui affluent. « On nous amène du café, de la nourriture, des palettes pour le feu, etc., sourit un « gilet jaune ». On peut déjà dire qu’on a gagné sur la solidarité. Ce mouvement est la démonstration qu’elle existe encore. Même quand il pleut ! »

Le rond point d'Armor à Nantes est occupé depuis six jours par les gilets jaunes
Le rond point d'Armor à Nantes est occupé depuis six jours par les gilets jaunes - J. Urbach/ 20 Minutes

« Macron, il enfonce les petits »

Si elle ne s’exprime pas dans les actes, la colère se trouve dans les discours. « Le gouvernement nous taxe et en plus il nous méprise, lance Houria, mère célibataire. Ici, on n’a pas tous les mêmes idées politiques, mais on a les mêmes souffrances. » « Moi, il ne me reste plus que 200 euros par mois pour m’occuper de mes quatre filles, soupire Frédéric, 41 ans, qui est venu de Frossay quasiment tous les jours. Macron, tout ce qu’il fait, c’est enfoncer les petits qui n’aspirent qu’à une vie meilleure. »

Alors que certains gilets jaunes nantais participeront au rassemblement samedi à Paris, d’autres espèrent que la journée de samedi permettra de regonfler les troupes à Nantes. Un rendez-vous a été fixé à 8h au rond-point d’Armor, avant une journée d’action. « On restera jusqu’à la fin », prévient Sandra, 47 ans. Mais personne n’est capable de dire quand elle interviendra.