Arrestation de Carlos Ghosn: Un actionnaire de Renault dépose plainte à Paris

ENQUETE Il demande réparation pour « abus de bien social » et « diffusion de fausse information au marché »…

L.Gam. avec AFP

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Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo pour des soupçons de malversation financière.
Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 à Tokyo pour des soupçons de malversation financière. — Toshifumi KITAMURA / AFP

Après la chute des titres Renault-Nissan, les plaintes des actionnaires. Ce mercredi, soit deux jours après l’arrestation de Carlos Ghosn, le big boss du groupe automobile, un actionnaire individuel de Renault a porté plainte à Paris, d’après son avocat Me Frederik-Kanel Canoy. Selon ce dernier, une dizaine d’autres, qu’il représente, pourrait à leur tour déposer une plainte pour « abus de bien social » et « diffusion de fausse information au marché ».

Carlos Ghosn, PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a été arrêté lundi à Tokyo. Le parquet japonais reproche à Carlos Ghosn d’avoir « conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015 », en déclarant une somme totale de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d’euros) au lieu de près de 10 milliards de yens. Sa garde à vue a été prolongée mercredi pour dix jours.

« Des rémunérations semblant excessives » et « l’achat de luxueuses résidences »

L’actionnaire individuel reproche au patron la chute du titre du constructeur consécutif à l’annonce de son arrestation. S’appuyant sur cette accusation, cette plainte contre X a été déposée mercredi auprès du parquet de Paris pour tenter d’obtenir l’ouverture d’une enquête pour « abus de bien social » et « diffusion de fausse information au marché », un délit boursier. La question se pose donc d’une transmission éventuelle de la plainte au parquet national financier, qui a compétence exclusive en matière de délits boursiers.

Mardi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a assuré qu’il n’y avait « rien de particulier à signaler sur la situation fiscale de M. Ghosn en France ». « Il est évident que la société Renault et la société Nissan ne pouvaient ignorer les agissements de M. Carlos Ghosn et risquaient de fournir ou transmettre au marché des informations inexactes sur la valeur réelle du titre (…) ces informations trompeuses étant de nature à agir sur les cours », affirme la plainte consultée par l’AFP. « On peut légitimement se poser la question de savoir comment M. Ghosn aurait réussi à fausser les chiffres de sa rémunération pendant cinq longues années », est-il écrit.

Concernant l’abus de bien social, la plainte dénonce « des rémunérations semblant excessives » et « l’achat de luxueuses résidences » mises à disposition de Carlos Ghosn dans quatre pays et financées par une filiale de Nissan, comme l’ont rapporté les médias japonais.