Lyon: Pour l'éclairage de ses panneaux publicitaires et abribus, JCDecaux va enfin devoir payer

MOBILIER URBAIN La ville de Lyon n’a jusqu’alors jamais facturé à JCDecaux l’électricité consommée par ses multiples panneaux publicitaires et abribus…

Elisa Frisullo

— 

Un panneau publicitaire sur le domaine public dans le centre de Lyon.
Un panneau publicitaire sur le domaine public dans le centre de Lyon. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Après des années aux frais de la ville, la consommation d’électricité liée au mobilier urbain va être facturée à JCDecaux.
  • Suite à cet « oubli » de facturation, la mairie a d’ores et déjà prévu qu’aucune rétroactivité ne serait appliquée.

A la nuit tombée, les abribus s’éclairent à Lyon, comme bon nombre de panneaux publicitaires occupant l’espace public. Jusque-là, rien d’extraordinaire, si ce n’est que depuis des années, c’est la municipalité qui finance l’éclairage du mobilier urbain, pourtant géré depuis 1964 par JCDecaux.

Un « oubli » de facturation auquel la ville a décidé de remédier en partie en validant lundi, lors conseil municipal, une convention avec JCDecaux et la métropole afin que l’exploitant paye désormais la consommation d’électricité liée à son mobilier urbain.

« Dans le cadre de cette convention, JCDecaux devra financer le coût de cet éclairage, estimé à 172.000 par an », précise-on à la mairie de Lyon. L’entreprise, également opérateur des Vélo’V, devra prendre en charge l’entretien et la maintenance des installations électriques nécessaires au raccordement des panneaux ou abribus au réseau d’éclairage public.

« La générosité des Lyonnais a des limites »

Atterré par la gratuité accordée jusqu’alors à JCDecaux, le collectif Plein la vue, mobilisé contre le développement massif de la publicité en ville, n’a pas tardé à réagir. D’autant que le maire de Lyon Gérard Collomb a prévenu lors du conseil municipal qu’il ne serait pas demandé à Decaux de payer les consommations passées de manière rétroactive. Un montant non communiqué par la mairie qui pourrait toutefois représenter de coquettes sommes. Sur ces dix dernières années seulement, en appliquant le forfait annuel désormais réclamé à Decaux, le groupe aurait ainsi économisé près d’1,8 million d’euros.

« La générosité des Lyonnais a des limites, s’agace le collectif. Nous sommes plus que surpris du peu de fermeté de la ville envers JCDecaux à l’heure où chaque euro semble être compté par les collectivités pour clore leurs budgets », s’étonne l’un des membres de Plein la Vue, Benjamin Badouard. A titre compensatoire, le collectif demande à la municipalité de reporter le déploiement des écrans numériques. Un développement prévu dans le cadre du marché public passé entre la métropole et le gestionnaire du mobilier urbain mais encore non acté par la collectivité.

Mobilisé depuis des mois pour peser dans la concertation en cours à la métropole sur le règlement local de pub, le collectif réclame également un « audit réel de la place de la publicité à Lyon et dans le Grand Lyon ».