Strasbourg: Les pétitions citoyennes sont-elles un gage de démocratie?

DEMOCRATIE LOCALE L’une des premières pétitions citoyennes demandant la suppression du stationnement payant entre 12h et 14h a été déclarée recevable et publiée sur la plateforme dédiée de la ville de Strasbourg…

Gilles Varela
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Vous avez des idées pour Strasbourg? Elles pourront bientôt être débattues en conseil municipal (Illustration)
Vous avez des idées pour Strasbourg? Elles pourront bientôt être débattues en conseil municipal (Illustration) — G . VARELA / 20 MINUTES
  • Les premières pétitions citoyennes inscrites dans le cadre du pacte de démocratie locale à Strasbourg viennent d’être publiées sur la plateforme dédiée du site de la ville.
  • L’une d’entre elles demande la suppression du stationnement payant entre 12h et 14h, un sujet déjà débattu en conseil municipal.

L’une des trois pétitions citoyennes en ligne – dispositif récemment mis en place par la ville de Strasbourg – rappelle combien cet exercice de démocratie locale est délicat. Exemple avec celle demandant le rétablissement de la gratuité du stationnement entre 12h et 14h à Strasbourg, déclarée recevable et publiée depuis une poignée de jours sur la plateforme dédiée de la ville. Un sujet qui devrait donc revenir en débat au conseil municipal.

Remise par l’association les Volontaires pour Strasbourg, elle a pris de court l’exécutif strasbourgeois qui a tenu à ce que soit bien mentionné sur la pétition que cette dernière est un … parti politique. Un « nouveau micro » pour l’opposition ? Un coup de canif aux espérances qui sont à l’origine de ce nouvel outil mis à la disposition des citoyens ? Selon Pierre Jakubowicz, le président de l’association qui porte la pétition, cetlle-ci a toute sa place dans ce nouveau dispositif. La suppression de la gratuité du stationnement entre 12h et 14h est un « exemple de décision pour laquelle l’avis de Strasbourgeois n’a pas été pris en compte et l’une des mesures qui est la plus revenue dans notre consultation sur les transports et mobilités à Strasbourg. »

Ce sujet a pourtant déjà été débattu au conseil municipal. « Cette pétition a suscité des interrogations au stade de sa recevabilité, reconnaît Chantal Cutajar, adjointe au maire en charge de la démocratie locale. Normalement, ce qui est prévu pour éviter cela est qu’un sujet qui a été délibéré en conseil municipal ne peut pas faire l’objet d’une pétition. Mais sur le stationnement, il n’y a eu que des débats, pas de délibération… » S’il est donc possible d’aborder à nouveau de tous les sujets difficiles porter par les Strasbourgeois, Pierre Jakubowicz souligne cependant que ce n’est pas une nouvelle tribune et « qu’il revient aux responsables associatifs, aux citoyens, de ne pas abuser de ce dispositif qui reste une très bonne initiative ».

« Nourrir le dialogue »

« De toute façon, il ne faut pas avoir peur de la démocratie », affirme Chantal Cutajar. L’idée de ces pétitions citoyennes est de renouer le débat, directement avec les habitants et de créer des liens de confiance. » « Et d’apporter des décisions concrètes ? », s’interroge Pierre Jakubowicz. « Après, pour une délibération, cela dépend du maire qui, à la fin, tranche », rappelle Chantal Cutajar. On reste dans un système de démocratie représentative, avec des choix politiques portés par les élus. Des choix qui doivent être assumés. L’objectif de ces pétitions citoyennes n’est pas d’établir une démocratie directe, mais bien de rétablir et de nourrir le dialogue », souligne Chantal Cutajar.

Pour l’heure, alors que le sujet sur le stationnement anime pas mal de discussions, la pétition n’a obtenu qu’une soixantaine de signatures. Pas de réel engouement donc et loin des 2.800 signatures en six mois obligatoires pour voir le sujet débattu au conseil municipal. « L’inscription est compliquée, il faut créer un compte, c’est peu intuitif, explique Pierre Jakubowicz. Seuls les Strasbourgeois peuvent signer ce qui exclut les autres habitants de l’Eurométrople, pourtant si intégrés. » Des difficultés d’inscription sur lesquelles Chantal Cutajar a alerté le service informatique.

Quant aux regrets de ne pas concerner tous les habitants de l’Eurométropole, l’élue rappelle qu’il s’agit bien « d’une initiative du conseil municipal, prise à l’unanimité. Mais que « ce type de remarques sera probablement abordé lors d’un conseil de suivi et d’évaluation du pacte pour la démocratie » qui sera mis en place en janvier prochain. « Le dispositif va être amélioré, mais on respecte la décision qui a été prise lors du conseil municipal ». Libre à l’Eurométropole à présent de mettre en place ce nouvel outil…