VIDEO. «Gilets jaunes»: Qui sont les figures de proue du mouvement?

COLERE Même si le mouvement de contestation est protéiforme, plusieurs porte-paroles locaux ont émergé ces dernières semaines sur le terrain comme dans les médias...

Delphine Bancaud

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Des "gilets jaunes" le 17 novembre 2018 à Toulouse. Céedit:FRED SCHEIBER/SIPA.
Des "gilets jaunes" le 17 novembre 2018 à Toulouse. Céedit:FRED SCHEIBER/SIPA. — SIPA
  • Travailleurs précaires, cadres, artisans, les meneurs des «gilets jaunes» ont différents profils.
  • Si la plupart se disent apolitiques, ils se sont parfois engagés précédemment dans des mouvements citoyens.
  • Leurs revendications dépassent parfois la baisse du prix des carburants pour aller vers un champ de bataille plus social.

C’est un mouvement citoyen sans représentant officiel. Les « gilets jaunes » qui poursuivent leur mouvement cette semaine, ont néanmoins leurs figures de proue qui prennent la parole auprès des médias, organisent des mouvements locaux et jouent les intermédiaires avec les forces de l’ordre. 20 Minutes en a repéré quelques-uns.

 

Priscillia Ludosky

C’est elle qui a lancé la pétition « Pour une Baisse des Prix du Carburant à la Pompe ! ». Elle a recueilli 930.000 signatures sur Change.org à sa grande surprise. Cette autoentrepreneuse de 33 ans vend des produits cosmétiques en ligne. « On ne peut pas demander aux gens d’abandonner la voiture du jour au lendemain ou de prendre des crédits pour acheter des voitures électriques », déclare-t-elle dans une interview au Parisien. Cette habitante de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) ne se reconnaît dans aucun parti politique. « J’ai lancé la pétition seule, je ne fais pas partie ni d’une association ni d’un parti politique », insiste la jeune femme. Mais depuis qu’elle passe dans les médias, des partis l’ont approchée. « Les Insoumis, le Rassemblement national et Les Républicains. Je ne donnerai pas de nom, mais ce sont souvent les députés. Ils souhaiteraient manifester à mes côtés, mais je n’ai pas donné suite », a-t-elle déclaré à Sud Radio.

Christophe Chalençon

Ce forgeron est le porte-parole des « gilets jaunes » dans le Vaucluse et se définit comme un « chien de berger » dans une interview de France 2. « On ne lâchera rien jusqu’à ce que le gouvernement recule », déclare-t-il dans La ProvenceAncien délégué syndical, père de 3 garçons, il s’est engagé depuis plusieurs années dans des mouvements citoyens. S’il se dit apolitique, il a cependant été candidat à élection législative de 2017 dans la 5e circonscription de Vaucluse pour le mouvement Génération Citoyens. La baisse des prix du carburant n’est pas sa seule revendication, car il réclame « la dissolution de l’Assemblée nationale, la démission du Sénat » et de nouvelles élections législatives afin que « des gens du peuple émergent ».

Laëtitia Dewalle

C’est elle qui représente les « gilets jaunes » dans le Val-d’Oise. Cette autoentrepreneuse de 37 ans et mère de trois enfants a rejoint le mouvement sur Facebook. Samedi dernier, elle n’a pas hésité a passé la nuit dans sa voiture pour participer aux actions de blocages. « Bonne cliente » pour les médias, elle a multiplié les interviews ces dernières semaines. L’occasion d’exprimer son sentiment de régression sociale : « Ils ont beau dire, tout a changé. Mon père tenait un hôtel-restaurant. Tous les ans on partait un mois en vacances à cinq en pension complète. Moi, je pars en vacances une semaine tous les deux ans… », a-t-elle ainsi déclaré au Parisien. Et les mesures annoncées la semaine dernière par le gouvernement pour atténuer la grogne sociale, ne l’ont pas du tout convaincue : « le gouvernement est complètement déconnecté de nos revendications », a-t-elle commenté sur BFMTV.

Jacline Mouraud

« Qu’est-ce que vous faites du pognon des Français ? », c’est ce coup de gueule adressé au président et diffusé sur les réseaux sociaux qui a mis Jacline Mouraud sous les projecteurs. Le franc-parler et la colère de cette hypnotérapeuthe de 51 ans, mère de trois enfants, a eu de l’écho, car la vidéo sur Facebook a fait 6 millions de vues. Elle dit vivre avec moins de 1.000 euros par mois à Bohal (Morbihan) et elle est devenue une interlocutrice privilégiée de ceux qui se sentent abandonnés par les pouvoirs publics. Et le fait que son discours soit émaillé d’approximations ou relaye des infos erronées comme l’a démontré 20 Minutes, n’a pas empêché Jacline Mouraud de reprendre la parole ces derniers jours. La Bretonne s’est encore fait remarqué en déclarent que le gouvernement était responsable de la mort d’une manifestante samedi en Savoie. Quitte à susciter l’ire du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner : « Cette dame devient une star médiatique et est prête à dire n’importe quoi et à faire n’importe quoi », a-t-il réagi au micro de RTL. Le carburant n’est pas son seul cheval de bataille, elle ne supporte pas la suppression de l’ISF.

Benjamin Cauchy

Ce manager commercial dans les assurances à Toulouse a eu droit à une interview de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV. La preuve de son aisance orale. C’est lui qui a annoncé des blocages dans la région et le péage gratuit sur certaines autoroutes. Ses revendications ? L’arrêt de la surtaxe sur les carburants et un grand moratoire de la fiscalité en France. Cet homme de 38 ans refuse toute politisation de son discours : « Ce n’est pas une contestation de gauche ou une contestation de droite », sur BFMTV. Tout juste sait-on qu’il n’a pas voté pour Emmanuel Macron à la présidentielle. L’homme n’hésite pas à taper aussi sur les syndicats, en traitant Laurent Berger de « planqué ».

Kevin Dujardin

« Nous aussi on tient le cap et ça va durer ! », a lancé ce lundi Kevin Dujardin, sur un barrage à Calais. Ce jeune intérimaire de 27 ans, reconnaissable à sa casquette noire en arrière, est l’un des administrateurs de la page « Les Gaulois de Calais » qui compte 6.197 personnes. « Tout le monde compte sur moi car j’ai créé la page, je suis le pilier en gros du mouvement », explique-t-il modestement après avoir été interviewé par moult médias.