Blocage des «gilets jaunes»: Edouard Philippe «entend la colère» mais tient le cap

POLITIQUE Malgré la mobilisation nationale des gilets jaunes ce week-end, le chef du gouvernement a réaffirmé que le gouvernement n’a pas l’intention de faire marche arrière sur la taxation du carburant…

A.B.

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Invité du JT de France 2, le Premier ministre a indiqué avoir
Invité du JT de France 2, le Premier ministre a indiqué avoir — Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Il a « entendu de la colère, de la souffrance », mais compte bien « tenir le cap ». Invité du journal de 20 heures de France 2, le Premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé sur la mobilisation des «  gilets jaunes », qui a été active durant tout le week-end.

Reconnaissant qu’il y a chez les Français « un ras-le-bol fiscal », le chef du gouvernement a assuré « essayer de trouver les bonnes solutions ». Des solutions qui ne passeront toutefois pas par la baisse des taxes sur les carburants.

« On a entendu de la colère, de la souffrance, l’absence de perspectives »

« En regardant ce qu’il s’est passé hier, j’ai été frappé par le caractère inédit de ces manifestations : beaucoup de ces gilets jaunes manifestaient pour la première fois, a déclaré le Premier ministre. On a entendu de la colère, de la souffrance, l’absence de perspectives », expliquant qu’il y a cette « idée que les pouvoirs publics ne répondaient pas aux inquiétudes, au sentiment de déclassement et même d’abandon » d’une partie de la population, a-t-il poursuivi.

Interrogé sur les débordements violents qui ont émaillé quelques rassemblements sur le territoire, et sur le décès d’une manifestante ce samedi, percutée par une automobiliste, Edouard Philippe a considéré que « ceux qui ont voulu utiliser le décès dramatique de cette femme durant la manifestation en Savoie pour faire de la récupération ont eu un comportement indécent », rappelant par ailleurs que la sécurité avait été « constante », mais que les manifestations n’avaient pas fait l’objet de déclarations préalables auprès des autorités. En France, « la liberté d’expression et de manifestation sont garanties, mais ce n’est pas l’anarchie, a-t-il ajouté. Or, on a vu hier et aujourd’hui des scènes qui relevaient de l’anarchie ».

« Nous allons tenir le cap »

Alros que les « gilets jaunes » sont mobilisés pour dénoncer la baisse de leur pouvoir d’achat, principalement du fait de la hausse des taxes sur le carburant, le Premier ministre a rappelé que « l’objectif du président de la République est de baisser les impôts et les taxes ». « Il y a un ras-le-bol fiscal, a reconnu le chef du gouvernement. Notre engagement, c’est qu’à la fin du quinquennat, le taux de prélèvements obligatoires ait diminué. »

Pour autant, il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement fasse marche arrière sur la taxation du diesel. « J’entends ce que disent les Français, ils se sont exprimés de façon très claire. Mais un gouvernement qui changerait en permanence de pied ne conduirait pas la France où elle doit être conduite, a-t-il estimé. La trajectoire carbone que nous avons fixée, nous allons la tenir », a-t-il réaffirmé plaidant pour un meilleur accompagnement des Français. « Nous allons leur permettre de les libérer de cette dépendance au pétrole, dans leur vie quotidienne », a-t-il promis, persuadé que cette politique permettra à terme « d’obtenir des résultats ».