Blocage du 17 novembre: Le ministère de l'Intérieur se prépare à faire face aux «gilets jaunes»

MOBILISATION La place Beauvau, qui attend environ 1.500 actions samedi sur l’ensemble du territoire, mettra à disposition des préfets 30 unités de forces mobiles pour renforcer les effectifs locaux…

Thibaut Chevillard

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Un manifestant membre des «Gilets Jaunes» en train de manifester contre la hausse du prix des carburants le 9 novembre à Albert (Nord).
Un manifestant membre des «Gilets Jaunes» en train de manifester contre la hausse du prix des carburants le 9 novembre à Albert (Nord). — AFP
  • Depuis quelques semaines, des automobilistes dénoncent la hausse du prix des carburants. Ils appellent à une grande journée de mobilisation samedi 17 novembre.
  • Alors qu’une centaine de manifestations ont été déclarées en préfecture, le ministère de l’Intérieur s’attend à environ 1.500 actions des « gilets jaunes », partout en France.
  • La place Beauvau mettra samedi à disposition des préfets 30 unités de forces mobiles pour renforcer les effectifs locaux.

Combien de « gilets jaunes » se mobiliseront samedi pour dénoncer la hausse du prix du carburant ? Et quelles seront leurs intentions ? Difficile pour les autorités de répondre précisément à ces questions. A en croire la carte publiée sur le site www.blocage17novembre.com, mise à jour régulièrement, plusieurs centaines de rassemblements seront organisés, un peu partout en France. Les organisateurs avaient jusqu’à mercredi pour déclarer les manifestations en préfecture. Mais « très peu » l’ont fait, a expliqué mardi, sur BFM TV, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Un peu plus d’une centaine l’ont été, selon nos informations.

Selon une source ministérielle, environ 1.500 actions ont été pour l’instant dénombrées par le gouvernement. « Il est aussi très possible qu’il y ait des rassemblements sauvages, qui n’avaient pas été annoncés », redoute David Michaux, secrétaire national CRS au syndicat Unsa Police, contacté par 20 Minutes. Une cellule de suivi va donc être mise en place au ministère de l’Intérieur. Elle sera en lien étroit avec le ministère en charge des transports. Objectif : pouvoir adapter le dispositif de sécurité en fonction de l’évolution de la situation.

Trente unités de forces mobiles

Trente unités de forces mobiles seront mises à la disposition des préfets, samedi, pour intervenir en renfort des effectifs normaux de police et de gendarmerie, indique à 20 Minutes la place Beauvau. « En fonction des informations recueillies par le renseignement territorial, les autorités vont sans doute prépositionner des unités. Des CRS et des gendarmes mobiles seront mis en réserve et mobilisés en cas de besoin », explique Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police.

Difficile de savoir précisément quelles formes prendront leurs actions, le mouvement s’étant développé en dehors de tout cadre syndical ou politique. « Rassemblements, blocages d’axes routiers, opérations "escargots", appositions de flyers ou exhibition de gilets réfléchissants », avait listé la semaine dernière Eric Morvan, le directeur de la police nationale, dans un télégramme envoyé aux principaux responsables des forces de l’ordre, consulté par 20 Minutes. Certains « gilets jaunes » auraient même pour ambition de « monter sur l’ Elysée », expliquait récemment l’un d’eux au Monde.

« Aucun blocage total »

Le ministre de l’Intérieur a d’ores et déjà prévenu mardi qu’il ne tolérerait « aucun blocage total ». « Si certains axes venaient à être bloqués et qu’on en a besoin pour faire passer les pompiers, les ambulances, ça mettrait en péril la sécurité des Français et bien entendu, on prendra les mesures qui s’imposent », a affirmé mercredi sur RTL le Premier ministre, Edouard Philippe. Et d’ajouter : « Vous avez le droit de manifester, bien sûr, mais il faudra prendre ses responsabilités et respecter la loi. »

Que risquent les « gilets jaunes » qui participeraient aux blocages ? Selon l’article L 412-1 du Code de la route, ils encourent deux ans d’emprisonnement et 4.500 euros d’amende, un retrait de six points sur le permis de conduire, ainsi qu’une « suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire ». Leur véhicule pourra également être immobilisé et mis en fourrière. Ceux qui auraient l’idée de dissimuler leur plaque d’immatriculation s’exposent à une contravention de 4e classe, indique l' article R 317-8. Il s’agit d’une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant être associée à une perte d’un à six points sur le permis de conduire. Les « gilets jaunes » sont prévenus.