Lyon: La grève des régulateurs du métro partie pour durer des semaines

CONFLIT SOCIAL Depuis le début de la grève illimitée des régulateurs du métro lyonnais, aucune discussion n’a eu lieu entre Keolis Lyon et le syndicat Ugict-CGT…

Elisa Frisullo

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Depuis le 12 novembre, le trafic des métros est perturbé en soirée et la nuit par la grève des régulateurs.
Depuis le 12 novembre, le trafic des métros est perturbé en soirée et la nuit par la grève des régulateurs. — E. Riberry / 20 minutes
  • Les régulateurs du métro ont entamé une grève illimitée à Lyon lundi pour réclamer davantage de postes dans le cadre d’une vaste réorganisation prévue en 2020.
  • Keolis Lyon et le syndicat Ugict CGT n’ont eu aucune discussion depuis le début du mouvement.
  • La grève, qui perturbe le métro et le funiculaire chaque soir, pourrait bien s’éterniser.

Lors de la précédente mobilisation des agents du métro, il y a deux ans, le mouvement de protestation aux TCL avait duré des semaines. Un scénario qui pourrait bien se repoduire en cette fin d'année à Lyon, où depuis lundi, les régulateurs chargés de piloter et surveiller le métro, observent une grève perlée (généralement à partir de 18h30) qui va de nouveau perturber le trafic des métros et des funiculaires jeudi soir.

Depuis le début de la grève illimitée, aucune discussion n'a eu lieu entre la direction de Keolis Lyon, exploitant du réseau, et l'Ugict CGT, seul syndicat à appeler à l'action pour réclamer davantage d'effectifs dans le cadre d'une réorganisation du travail prévue pour 2020. Des changements programmés dans le cadre de l'automatisation de la ligne B. 

«Mettre la pression avant la Fête des lumières»

«Pour préparer cette réorganisation, nous avons mis au point des groupes de travail. Des réunions avec les syndicats étaient planifiées jusqu'à la fin de l'année. Et alors que les discussions étaient toujours en cours, l'Ugict-CGT, dont la stratégie est de mettre la pression avant la Fête des lumières, part en grève», regrette Jérôme Berthonneau, responsable de l'exploitation chez Keolis.

«L'inquiétude des régulateurs, que nous écoutons et avec lequels nous sommes plutôt d'accord, repose sur des cas qui n'ont pas encore été abordés lors des groupes de travail», ajoute le responsable, peu enclin à reprendre les discussions avec l'Ugict-CGT en plein mouvement social. «Le dialogue ne peut pas continuer dans ces conditions. L'arrêt de la grève est un préalable», ajoute Keolis Lyon.

Les régulateurs déterminés à poursuivre la grève

Du côté de l'Ugict CGT, la fin de la mobilisation ne semble pas être une option dans l'immédiat. «Pendant les groupes de travail, nous avons découvert que ce qui allait se mettre en place était déjà bien avancé par la direction. Nous avons eu l'impression que tout était acté avant même le début des réunions», explique le secrétaire général de l'Ugict-CGT Christian Schwetzoff.

«Les régulateurs n'ont pas l'intention de lâcher. La question des effectifs, mais plus globalement toute la réorganisation de notre travail, la dangerosité inquiètent. On se demande comment nous allons travailler demain», ajoute le syndicaliste. Le principal point de discorde repose sur le nombre de régulateurs qui seront affectés en 2020 sur les lignes A, B et C.

Globalement, six ou sept postes de plus sont prévus par Keolis, mais aucun régulateur supplémentaire la nuit sur la ligne A. «Il y aura un seul agent. S'il y a un pépin, comment on fait? Cela retombera sur nous. On veut nous faire prendre des risques, ce que nous ne pouvons accepter», estime le régulateur.

Un point qui ne semble pas négociable à la direction des TCL. «Il y a déjà un seul régulateur la nuit sur la ligne A aujourd'hui. Ce n'est pas que nous refusons dans un souci d'économie, mais nous n'allons pas ajouter des postes là où cela n'est pas justifié», rétorque Jérôme Berthonneau.