Suède: Le procès en appel du Français Jean-Claude Arnault, condamné pour viol, s'ouvre à Stockholm

ACADEMIE NOBEL Proche des membres de l’Académie Nobel, Jean-Claude Arnault a été accusé de viol par plusieurs femmes, des relations qu’il dit « consenties »…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Arnault, le 24 septembre 2018 à Stockholm en Suède lors de son premier procès.
Jean-Claude Arnault, le 24 septembre 2018 à Stockholm en Suède lors de son premier procès. — Janerik Henriksson/AP/SIPA

Figure aussi influente que sulfureuse de la scène culturelle suédoise, sa chute a entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018. Le procès en appel pour « viol » de Jean-Claude Arnault, 72 ans, s’ouvre ce lundi à Stockholm en Suède, devant la Cour d’appel de Stockholm. Le Français a été condamné début octobre en première instance à deux ans de prison pour viol, dans une affaire liée au mouvement #MeToo qui a fait imploser l’Académie suédoise. Les débats s’étaient alors tenus à huis clos.

Selon son avocat, Jean-Claude Arnault, incarcéré depuis sa condamnation, soutient que les relations sexuelles avec son accusatrice, à deux reprises en 2011, étaient consenties. Selon la presse suédoise, neuf condamnations sur dix prononcées par des juridictions de premier ressort sont confirmées en appel. La défense a cette fois-ci appelé à témoigner l’épouse de l’accusé, l’académicienne Katarina Frostenson. Le huis clos devrait également être prononcé ce lundi.

Des liens étroits avec l’institution Nobel

Le "scandale Arnault" a éclaté en novembre 2017, un mois après les révélations sur les viols et les autres agressions sexuelles imputés au producteur de cinéma américain Harvey Weinstein. Dix-huit femmes, dont la plaignante, témoignent dans le quotidien Dagens Nyheter des viols, agressions sexuelles et faits de harcèlement dont elles se disent victimes de la part du Français.

Jean-Claude Arnault entretenait des liens étroits avec cette institution dont les membres se déchirent depuis sur leurs responsabilités et la façon de gérer la crise. Il était le directeur artistique de Forum, un club très sélect qu’il avait créé en 1989 et où se côtoyaient éditeurs, écrivains, dramaturges ou musiciens en vue, mais également de nombreuses jeunes femmes.

L’académie connaissait ses écarts de conduite

Jean-Claude Arnault recevait de généreux subsides de l’Académie suédoise. Ses accusatrices affirment que l’académie connaissait ses écarts de conduite mais que l’influente institution faisait régner une « culture du silence » dans les cercles culturels de Stockholm. Ainsi, le Français se vantait d’être le « 19e membre » de l’Académie. Selon des témoins, il soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.

Décrédibilisée, privée du quorum nécessaire pour fonctionner après le départ de plusieurs sages, l’Académie suédoise a, à la suite de ce scandale, reporté d’un an l’annonce du Nobel 2018, une première depuis soixante-dix ans. Plusieurs plaintes visant le Français ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription.