Marseille: La gestion de la mairie mise en doute par une note de l'Agence régionale de santé

INSALUBRITE « Le Monde » a eu accès a une note confidentielle de l'ARS, mettant en cause la gestion de la mairie dans le dossier de l'habitat insalubre... 

A.M.

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Firefighters work at the scene where buildings collapsed in Marseille, southern France, Monday, Nov. 5, 2018.  Two buildings collapsed in the southern city of Marseille on Monday, leaving a giant pile of rubble and beams. Fire services said two people were lightly hurt. The collapse spewed debris into the street and clouds of dust into the air, and left a big gap where the two buildings used to be.
Firefighters work at the scene where buildings collapsed in Marseille, southern France, Monday, Nov. 5, 2018. Two buildings collapsed in the southern city of Marseille on Monday, leaving a giant pile of rubble and beams. Fire services said two people were lightly hurt. The collapse spewed debris into the street and clouds of dust into the air, and left a big gap where the two buildings used to be. — CLAUDE PARIS/SIPA
  • Le Monde a eu accès à une note confidentielle de l'ARS, mettant en doute la gestion de la mairie dans le dossier de l'habitat insalubre. 
  • Selon cette note, « les populations les plus précarisées sont trop souvent maintenues dans des immeubles dangereux pour leur santé et leur sécurité ». 

Déjà largement critiqués, cela ne devrait pas s’arranger pour la mairie de Marseille, et Jean-Claude Gaudin. Nos confrères du Monde ont pu consulter une note confidentielle de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, antérieure à l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne.

Premier enseignement : le service communal d’hygiène ne semble pas très actif. En 2016, aucun arrêté d’insalubrité, six dossiers transmis en 2017 et neuf cette année. Rappelons que 40.000 logements sont potentiellement indignes dans cette ville de 800.000 habitants. Si après le rendu du rapport Nicol sur l’insalubrité des logements à Marseille en 2015, la municipalité a recruté du personnel dédié au service d’hygiène, ceux-ci n’apparaissent pas assez qualifiés aux yeux de l’ARS.

« Sous-évaluer la gravité des dysfonctionnements »

Cet extrait publié par Le Monde est sans équivoque : « Les agents du SCHS de Marseille ont tendance à sous-évaluer la gravité des dysfonctionnements qu’ils relèvent et minimisent leur impact sur la santé des occupants. » Pire, les constats établis ne donnent pas lieu à des rapports. Les seuls constats permettent de classer ces dossiers. Conséquence, les procédures n’atteignent que rarement le stade de l’arrêté préfectoral d’insalubrité.

Ainsi, la ville se prive à la fois des possibilités de contraindre les bailleurs à faire des travaux, et celle d’engager une action pénale forte. Conclusion, « les populations les plus précarisées sont trop souvent maintenues dans des immeubles dangereux pour leur santé et leur sécurité. Seule une mise en œuvre forte de l’action publique pourrait mettre un frein à cette tendance », rapporte Le Monde d’après la note.

Jean-Claude Gaudin a pourtant tenté de se défendre à plusieurs reprises. « Depuis plus de 20 ans, nous sommes porteurs avec mon équipe d’une ambition et d’une exigence fortes pour la rénovation de l’habitat ancien et indigne » à Marseille, ne cesse de marteler le maire.