Pourquoi les jouets français s'imposent de plus en plus dans les listes de Noël?

NOEL Les jeux français représentent 11,5 % des jouets vendus dans l’Hexagone en 2017…

Delphine Bancaud

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Un rayon de jouets dans un magasin La grande récré.
Un rayon de jouets dans un magasin La grande récré. — D.Bancaud/20minutes
  • Les jeux français se vendent de mieux en mieux dans l'Hexagone, mais aussi à l'étranger.
  • Si le marché du jeu français progresse c’est aussi parce qu’il répond à une tendance d’achat engagé.
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Le télécran, Sophie la girafe, le 1.000 bornes, les jouets en bois Vilac, l’Arbre magique, les poupées Corolle, les peluches Doudou et compagnies… Certains jouets créés et/ou fabriqués en France sont devenus des classiques et s’arrachent à l’approche de Noël. Le signe de la bonne santé des jouets français, qui s’exposent jusqu’à samedi au salon Jouer français à Paris. « Ils représentent 11,5 % du marché du jouet français en 2017 et gagnent des parts de marché année après année », explique Frédérique Tutt, experte du marché du jouet chez NPD.

Et chaque année, de nouveaux acteurs qui crééent (recherche et développement) ou fabriquent leurs produits en France voient le jour. « L’Association des créateurs-fabricants de jouets français compte d’ailleurs 44 adhérents contre 24 en 2015 », informe son président Serge Jacquemier. Dans la gamme des jeux français, les jouets de plein air (Smoby), les jeux de société et puzzles (Dujardin, Asmodé) les jeux artistiques (Sentosphère, Mako Moulages, Lansay) et les poupées (Corolle, Petitcollin) fonctionnent particulièrement bien.

Un gage de qualité

Un succès qui est d’abord dû à la qualité des produits : « Exemple avec les poupées Corolle qui sont très jolies et ont su se mettre au goût du jour en adaptant les tenues à la mode. Certains jeux, comme le 1.000 bornes ont su aussi se renouveler en sortant de nouvelles versions, comme le Mario kart », estime Frédérique Tutt. « Le fait d’être un produit français est d’ailleurs un gage de qualité aux yeux des clients », constate Adrien d’Antin, attaché commercial chez Sentospère.

Si le marché du jeu français progresse c’est aussi parce qu’il répond à une tendance d’achat engagé : « Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux achats éco-responsables. C’est une manière de défendre le patrimoine, sans être réac », commente Frédérique Tutt. Un avis partagé par Alain Ingberg, vice-président de l’Association des créateurs-fabricants de jouets français : « les consommateurs sont de plus en plus sensibles au fait que leurs achats aient un impact sur les emplois des Français », ajoute-t-il. D’ailleurs, les marques n’hésitent pas à estampiller leurs boîtes de jouets du logo « fabriqué en France ». Et cet aspect-là semble faire plus fortement faire tilt chez les seniors : « les jouets français représentent 30 % de ceux que les grands-parents offrent à leurs petits enfants », observe Frédérique Tutt.

Des jouets qui se vendent bien à l’étranger

La bonne santé des jouets français s’explique aussi par le fait que les distributeurs de jouets ont plus tendance ces dernières années à se tourner vers des fabricants de l’Hexagone : « car les fabricants chinois ont augmenté leurs prix en raison de la montée du coût de la main-d’œuvre. Par ailleurs, les distributeurs peuvent commenter des petites quantités de produits en France et les recevoir vite, ce qui permet une certaine flexibilité » commente Alain Ingberg, vice-président de l’Association des créateurs-fabricants de jouets Français.

Les entreprises du secteur semblent aussi promptes à se développer, à l’instar de Mako Moulages qui a été relancé en 2014 : « nous avons vendu 60.000 produits en 2017 et on lance cette année notre site internet marchand », explique Agnès Beuchet, PDG de Mako Moulages. Plusieurs d’entre elles se sont aussi lancées à l’export. « D’ailleurs 40 % des ventes de jouets français se font désormais à l’étranger », observe Frédérique Tutt. Exemple avec Corolle qui fait 40 % de son chiffre d’affaires à l’export et Vulli 50 %. Une tendance qui devrait s’accroître les prochaines années.