Strasbourg: Des collégiens au premier rang de la lutte contre le «sexting non consenti»

CYBER-HARCELEMENT Concernés par les cas de «sexting non consenti», des jeunes Alsaciens ont participé à un hackathon interacadémique pour lutter contre ce phénomène...

Alexia Ighirri

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Cyber-harcèlement sur les réseaux sociaux
Cyber-harcèlement sur les réseaux sociaux — Xander_dez / Pixabay
  • Des colélgiens alsaciens ont travaillé à des moyens de lutte contre le cyber-harcèlement lors d'un hackathon interacadémique. Et plus précisément contre le «sexting non consenti» (généralement, la diffusion sur les réseaux sociaux d’images intimes à l’insu de la victime).
  • L’académie de Strasbourg a été confrontée à ces situations : en janvier et février 2018 à Strasbourg puis Mulhouse, le rectorat a enregistré 80 cas de jeunes filles dont les photos intimes ont été détournées et diffusées sur Snapchat.

« Des publicités en ligne, sur Netflix ou YouTube, avec des Youtubeurs connus à l’écran », « un jour consacré à ce sujet en cours, où on inviterait des victimes du cyber-harcèlement », « un message automatique qui s’afficherait sur tous les téléphones pour rappeler les risques en cas de harcèlement »…

Salima, Niouma, Fadi, Kiara ou encore Sofia, âgés de 13 et 14 ans, ont eu des idées et montré de l’entrain lors du hackathon pour lequel ces collégiens ont été invités à travailler sur la lutte et la prévention du cyber-harcèlement. Et plus précisément du «sexting non consenti» (généralement, la diffusion sur les réseaux sociaux d’images intimes à l’insu de la victime). Et pourtant, ce sujet est lourd.

«Parfois elle ne veut rien dire parce qu’elle a peur»

Quoique Niouma l’assure : « C’est très facile de travailler dessus. Parce qu’on comprend, on est habitué ». D’autant qu’elle et ses camarades du collège Saint-Exupéry à Mulhouse sont des « sentinelles », déjà formés à la question, qui interviennent dans leur établissement en cas de problème. Ils citent alors l’exemple d’une adolescente dont les photos ont été diffusées à son insu sur Snapchat. « Ça m’a choqué qu’elle n’ait rien dit, qu’elle s’en fiche au final », souligne Niouma. Fadi raconte que lorsqu’il assiste à du harcèlement (de tous genres), « je vais voir la victime. Mais parfois elle ne veut rien dire parce qu’elle a peur. Je retourne la voir le lendemain pour prendre des nouvelles ».

Des relais de terrain sur lesquels veut s’appuyer le rectorat. D’autant que l’académie de Strasbourg a été confrontée à ces situations : en janvier et février 2018 à Strasbourg puis Mulhouse, le rectorat a enregistré 80 cas de jeunes filles dont les photos intimes ont été détournées et diffusées sur Snapchat. « On forme 700 personnes par an, des milliers d’élèves sont sensibilisés, mais ça ne suffit pas : il faut rendre les élèves acteurs, estime Lucie Pitiot, conseillère spéciale sécurité-sûreté au rectorat et référente académique pour le harcèlement. Les jeunes peuvent nous dire jusqu’où on peut aller et quelles sont les limites où s’arrêter sur cette question ».

Depuis la rentrée, le rectorat a enregistré sept cas de cyberviolence. L’académie de Strasbourg s’attend à une cinquantaine de signalements de cyber-harcèlement cette année, contre 37 faits l’an dernier.

La difficulté à cerner les auteurs d'harcèlement

Quid des suites des cas de cyber-harcèlement sur Snapchat du début d’année ? Des dizaines de plaintes ont été déposées, les éléments ont été fournis au parquet par les différents établissements concernés. « La difficulté est d’identifier les personnes derrière les comptes. Les décisions ne peuvent pas être prises immédiatement, reconnaît Lucie Pitiot. Mais il n’y a plus de naïveté et pas de clémence pour les auteurs de cyber-harcèlement ».

La référente académique indique qu’il n’y a pas eu de phobie scolaire chez les victimes. Certaines ont toutefois demandé à changer d’établissement scolaire.

Chaque semaine, 20 Minutes vous livre le témoignage d'une victime de cyber-harcèlement.