Les astuces pour réussir son épreuve de philo le jour J

EDUCATION 20minutes.fr a posé la question à Carole Bline, professeur au lycée Jean-Monnet, à Joué-les-Tours...

Recueilli par Catherine Fournier

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Environ 500.000 candidats aux séries générale et technologique entament lundi les grandes épreuves du baccalauréat 2008 par la philosophie, les candidats au bac professionnel commençant eux, comme chaque année, une semaine plus tard.
Environ 500.000 candidats aux séries générale et technologique entament lundi les grandes épreuves du baccalauréat 2008 par la philosophie, les candidats au bac professionnel commençant eux, comme chaque année, une semaine plus tard. — Jacques Demarthon AFP

Jeudi 17 juin, c'est le grand saut. Les candidats au bac général et technologique de la métropole attaquent l'examen par la sacro-sainte épreuve de philosophie. Qu'ils aient révisé ou non, il faudra bien mettre à profit les quatre heures imparties pour essayer de décrocher la moyenne, voire plus.

Pour l'édition 2008 du bac de philo, 20minutes.fr avait demandé à Carole Bline, professeur de philosophie au lycée Jean-Monnet, à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), ses conseils pour réussir le jour J.

Mais d'abord, pour ceux qui terminent leurs révisions...
«Il est trop tard pour bachoter la pensée des auteurs au dernier moment. Mieux vaut apprendre les définitions des grands concepts philosophiques (liberté, travail, conscience, vérité...) pour avoir les moyens d'aller plus loin sur un sujet que le café du commerce.»

Ne pas se ruer sur le commentaire de texte
«Contrairement à ce que l'on croit, c'est l'épreuve la plus difficile car il faut un énorme recul par rapport aux notions abordées en terminale. Les élèves qui n'ont pas assez révisé se contentent de paraphraser et ça se voit tout de suite. Mieux vaut opter pour l'un des deux sujets de dissertation. Attention, si l'un d'entre eux a été traité dans l'année, il ne faut surtout pas restituer son cours par coeur et rendre une copie un peu «plan plan». Ce que le correcteur récompense avant tout, c'est la prise de risque dans la réflexion. Le mieux est donc de choisir le sujet le plus généraliste.»

Décortiquer tous les mots de l'énoncé
«C'est la première chose à faire, qui doit prendre environ un quart d'heure. On entoure tous les mots et on écrit sur un brouillon tout ce que ça évoque, en faisant appel à sa culture générale, philosophique, historique, son expérience... En général, deux grands concepts se dégagent du sujet. Exemple: «La culture permet-elle d'échapper à la barbarie?» Il faut réécrire l'énoncé en définissant les termes «culture» et «barbarie», qui peuvent être entendus de plusieurs façons.

Elaborer le plan, avec au moins deux parties
«Dans la première partie, on donne toujours «l'opinion commune». A la question «la culture permet-elle d'échapper à la barbarie?», par exemple, le bon sens répond «oui». Cette partie est importante car elle permet de définir les concepts auquel le sujet fait référence. Dans la deuxième partie, on va plus loin, on nuance, on trouve des contre-exemples, dans l'histoire, la pensée philosophique ou la vie tout simplement.

La troisième partie est facultative. Mieux vaut ne pas en faire que d'écrire une sorte de mixte des deux premières et de se contenter de répondre «peut-être». Il faut donner une réponse, car la philosophie, c'est avant tout la recherche d'une vérité. Donc, on rédige une conclusion, dans laquelle on résume ce qu'on a dit auparavant et on donne son avis. Les ouvertures sont à éviter, car c'est déjà pas mal d'avoir essayé de répondre à la question posée.

L'exercice de la troisième partie est à réserver aux très bons élèves, qui peuvent essayer de démolir le sujet, en faisant référence à l'évolution de la pensée philosophique. La question «la culture permet-elle d'échapper à la barbarie?», par exemple, ne se pose plus depuis que Nietzsche a cassé l'idéal défendu par Platon sur la nature humaine. La culture permet de se confronter à la barbarie plutôt que d'y échapper.»

Commencer à rédiger au bout d'1h30-1h40
«Après avoir listé toutes ses idées dans chaque partie, on se lance dans la rédaction. Attention, on ne commence pas un paragraphe par «Pour Platon ou pour Nietzsche». On formule soi-même une question ou une idée, et on cite ensuite les auteurs. Si on n'est pas un littéraire, on privilégie les phrases courtes. On rend une copie aérée, avec de belles transitions. Le correcteur doit voir que la pensée est méthodique et évolutive. Et que le candidat a pris du plaisir à réfléchir par lui-même.»

Débat: Et vous, quelles sont ou ont été vos astuces pour réussir cette épreuve? Donnez-nous vos conseils ci-dessous