Marseille: «Il y aura un avant et un après Noailles», les habitants se mobilisent

EFFONDREMENT Les habitants du quartier de Noailles se sont rassemblés ce mercredi soir, deux jours après l’effondrement de trois immeubles, pour décider des actions à mener…

Adrien Max

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Des habitants de Marseille ont déployé une banderole «Gaudin assassin», a proximité du lieu d'effondrement des trois immeubles.
Des habitants de Marseille ont déployé une banderole «Gaudin assassin», a proximité du lieu d'effondrement des trois immeubles. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Trois immeubles se sont effondrés lundi dans le quartier de Noailles, à Marseille, provoquant la mort d’au moins six personnes.
  • Les habitants du quartier de Noailles se sont rassemblés ce mercredi soir pour décider des actions à mener.

Une salle bondée, où tout le monde ne peut pas rentrer. Preuve de la mobilisation des habitants du quartier de Noailles à Marseille, marqués par l' effondrement de trois immeubles rue d’Aubagne lundi, provoquant la mort d’au moins six personnes. Le message était passé sur Facebook pour une « réunion pour un habitat digne pour tou.tes », ce mercredi soir à quelques encablures du tas de gravats.

Si la mobilisation et les actions à mener étaient à l’ordre du jour, le deuil et la peur continuaient d’envelopper les quelque 200 personnes présentes. « J’habite rue Jean Roque (une rue perpendiculaire à la rue d’Aubagne) et nous n’avons aucune information sur l’état de notre immeuble. Nous l’avons réintégré mardi après-midi, mais des fissures sont apparues, ou d’autres se sont agrandies. Nous voulons un diagnostic réalisé par des gens compétents, pas par la mairie qui ne cesse de noyer tous les poissons », s’est inquiétée une habitante.

« Le deuil, c’est aussi relever la tête avec dignité »

« Le deuil, c’est aussi relever la tête avec dignité », s’est exclamé un autre, sous les applaudissements des participants. Et pour relever la tête, les habitants se rassembleront samedi à 15 heures pour une marche blanche en l’honneur des six victimes déjà retrouvées.

La salle qui accueillait les habitants du quartier de Noailles pour décider des actions à mener était bondée.
La salle qui accueillait les habitants du quartier de Noailles pour décider des actions à mener était bondée. - Adrien Max / 20 Minutes

Ensuite, le temps des protestations viendra. « Nous voulons organiser une grande manifestation, la plus grande manifestation commune contre l’insalubrité des logements », a annoncé un autre habitant. Elle devrait avoir lieu mercredi prochain à 18 heures.

Un collectif

Plus que des actions ponctuelles, les riverains souhaitent surtout s’organiser sur la durée par crainte d’être à nouveau oubliés. « Ça va durer une semaine, maximum 15 jours. Il faut profiter d’avoir les médias pour nous faire entendre maintenant », considère un autre. L’idée de se rassembler dans un collectif, qui pourrait prendre le nom de « Noailles en colère », fait son chemin. Celle d’une plainte collective aussi.

Ainsi ils espèrent peser plus lourd. « Des lois existent pour l’habitat insalubre, mais elles ne sont pas appliquées. Nous rassembler permettrait d’avoir plus de moyens pour faire pression sur la justice », avance un habitant.

Un électrochoc

Cette réunion intervient comme une prise de conscience, un électrochoc. « Cette ville ne se réveille pas, tout le monde dit "c’est Gaudin, le clientélisme". La responsabilité c’est aussi notre irresponsabilité par rapport à notre devoir de citoyen. Il doit y avoir un avant Noailles et un après Noailles. Cela concerne toute la ville », souhaite ce père de famille du quartier.

Pour cela, certains habitants voient encore plus loin. « On va se rassembler, faire une marche blanche, manifester. Mais il y a aussi les élections bientôt et là aussi il faudra se rassembler pour mettre dehors ces politiques en place depuis 25 ans, et qui ne font rien. » Ici, tous pointent du doigt la responsabilité de la mairie : « ce sont des criminels, des irresponsables », s’emportent un homme, largement applaudi.

En attendant, un homme s’est posté à l’entrée de la salle et propose d’héberger, et de nourrir, celui ou celle qui serait à la rue.