Le «chèque carburant» proposé par Macron, pour l'Occitanie (et les autres régions), c'est non

ESSENCE Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, a indiqué que sa collectivité ne mettrait pas en place le dispositif de « chèque carburant » préconisé par le président de la République…

Béatrice Colin

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Strasbourg le 02 06 2013. Illutrastion pompe a essence. Diesel.
Strasbourg le 02 06 2013. Illutrastion pompe a essence. Diesel. — G.VARELA / 20MINUTES
  • Face à la levée de boucliers contre la hausse du prix du carburant, Emmanuel Macron a annoncé mardi être favorable à la mise en place du « chèque carburant » lancé par les Hauts-de-France.
  • La présidente de la région Occitanie, dans la lignée de l’association Régions de France, refuse d’assumer financièrement la décision du gouvernement.

Face à la montée de la grogne des automobilistes, mobilisés contre la hausse du prix du carburant, Emmanuel Macron a annoncé mardi qu’il était favorable à la généralisation de l’aide financière pour les salariés qui résident à plus de 30 km de leur domicile.

Le président de la République aimerait que toutes les régions de France s’inspirent du dispositif mis en place dans les Hauts-de-France. Lancé début 2018, il concerne environ 14.000 personnes chaque année sur une région qui dénombre 6 millions d’habitants. Mais cette proposition risque fort de rester lettre morte.

« Une ineptie », tacle la présidente de la région Occitanie

« Je connais et je partage la colère des gens. Une nouvelle fois, le gouvernement fait preuve d’un amateurisme flagrant : les régions ne régulent pas le prix des carburants, c’est un choix de l’Etat, alors pourquoi devraient-elles assumer financièrement des mesures d’aides générées par la décision d’Emmanuel Macron d’augmenter le prix du carburant ? C’est une ineptie ! Que le gouvernement assume ! Celui qui encaisse doit payer », tacle Carole Delga, la présidente de la région Occitanie.

Pour l’élue socialiste, hors de question donc de financer le moindre chèque carburant alors que la hausse du coût du carburant va coûter l’an prochain à sa collectivité 3,5 millions d’euros supplémentaires dans le cadre du transport scolaire.

Les régions vent debout

Une idée partagée par l'association des Régions de France. « Cette annonce est très surprenante puisqu’elle revient à demander aux régions de payer alors que c’est l’Etat qui perçoit les recettes liées à la contribution climat énergie [CCE]. Elle contrevient par ailleurs à l’obligation faite aux régions de ne pas augmenter leurs dépenses de fonctionnement. Enfin la mesure de défiscalisation sera sans impact réel puisque les ménages concernés sont pour l’essentiel non imposables », critique vertement l’association dans un communiqué.

Et de proposer que ce soir l’Etat qui assume cette aide financière grâce aux recettes supplémentaires de TVA. Et de rappeler au passage que ce sont elles qui investissent déjà massivement dans les transports collectifs et les alternatives à l’utilisation de la voiture.