Immigration: Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière ont augmenté de 20% en 2018

IMMIGRATION C'est le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a donné ce chiffre...

20 Minutes avec AFP

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Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 25 octobre 2018.
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 25 octobre 2018. — SIPA

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé mardi devant l’Assemblée nationale que les expulsions d’étrangers en situation irrégulière avaient augmenté de 20 % cette année. « L’entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant » dans la lutte contre l’immigration irrégulière, « avec une reprise nette des éloignements », a affirmé le ministre, qui présentait le projet de budget 2019 de l’immigration.

« Après une hausse de 14 % en 2017, nous constatons cette année une nouvelle augmentation de 20 % des étrangers quittant le territoire national alors qu’ils ne disposent pas du droit de séjour », a-t-il poursuivi. Il y a eu 14.859 éloignements forcés en 2017, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France.

« Je suis favorable à des procédures plus strictes et à des applications plus fermes [des obligations de quitter le territoire], c’est le message que j’ai fait passer et que je ferai passer systématiquement à toute la chaîne de décision », a précisé Christophe Castaner.

48 millions d’euros pour les centres de rétention administrative

Portée par l’ancien ministre Gérard Collomb, la loi asile-immigration, entrée en vigueur mi-septembre après avoir provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité, vise à réduire les délais d’examen de la demande d’asile et à mieux maîtriser l’immigration irrégulière.

Le texte vise à ramener à six mois le traitement des demandes d’asile, contre 11 en début d’année, pour faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des réfugiés. Il allonge par ailleurs de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention et facilite l’éloignement pour certaines catégories de déboutés.

L’exécutif jugeait la loi précédente, élaborée peu avant le pic migratoire de 2015, sous-calibrée face aux arrivées (plus de 100.000 demandes d’asile en 2017, en hausse de 17 %), qui saturent les structures d’accueil. « Pour amplifier cette dynamique (des éloignements), des moyens supplémentaires étaient nécessaires - certains préfèrent des paroles », a lancé mardi Christophe Castaner aux oppositions. « Depuis octobre 2017, 200 places de CRA (centres de rétention administrative) ont été ouvertes » et pour 2019 un « plan d’investissement » dans ces centres est prévu, à hauteur de 48 millions d’euros, a précisé le ministre.

« Changement d’échelle de notre politique d’intégration »

L’Insoumise Danièle Obono a critiqué « le choix de l’enfermement » tandis que Les Républicains, par la voix de Pierre-Henri Dumont, ont dénoncé un « laxisme dans les éloignements » et un refus de « trancher entre moins et plus d’immigration ».

Ludovic Pajot (RN) a cherché en vain à réduire l’enveloppe allouée à l’allocation pour les demandeurs d’asile, tandis qu’Éric Ciotti (LR) a interrogé le ministre sur la revalorisation de cette allocation, qui « gêne ». Le projet de budget immigration-asile-intégration, adopté en première lecture par les députés, est prévu en hausse de 13 % à périmètre constant, atteignant 1,58 milliard d’euros.

Christophe Castaner, qui a succédé mi-octobre à Gérard Collomb, a évoqué un « changement d’échelle de notre politique d’intégration » pour ceux arrivant légalement en France, avec « 89 millions de crédits supplémentaires » en 2019. Il est prévu de doubler le nombre d’heures de cours de français, d’éducation civique et de renforcer l’accompagnement à l’insertion professionnelle.