Oui, une console de jeux vidéo peut être installée dans une prison, mais sous certaines conditions

JUSTICE Un syndicat de surveillants s'est indigné de l'achat d'une console PS4 pour les détenus de la maison d'arrêt de Draguignan...

Mathilde Cousin

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Illustration d'une manette de PS4.
Illustration d'une manette de PS4. — GHNASSIA ANTHONY/SIPA
  • FO pénitentiaire, un syndicat de surveillants, s’est inquiété de l’annonce de l’achat d’une console Playstation 4 pour les détenus de la prison de Draguignan.
  • Le communiqué indique que la direction de l’établissement est responsable de cet achat.
  • Cet achat a été fait à l’initiative d’une association. La console ne sera pas connectée à Internet, pour des raisons de sécurité.

Est-il possible de jouer à une console PS4 en détention ? FO pénitentiaire, un syndicat de surveillants, s’inquiète dans un communiqué diffusé le 3 novembre de l’achat de cette console, qui peut être connectée à internet, pour la maison d’arrêt de Draguignan, dans le Var. Cet appareil « n’a pas sa place en détention », selon le syndicat. « Il dispose d’un récepteur wi-fi d’origine et a besoin d’un accès à Internet régulièrement pour pouvoir fonctionner, écrit FO pénitentiaire. On rappelle également que cet appareil est très onéreux et fragile. » Selon ces surveillants, c’est la direction de la prison qui a pris la décision d’instaurer cette nouvelle activité.

Contacté par 20 Minutes, Jean-Paul Caniaux, le secrétaire local à Draguignan, nuance ce tract : « La console a été financée par une association. Elle est en cours d’acquisition, car ils sont en attente d’un grand écran ainsi que les manettes et les jeux. » L’administration pénitentiaire précise à 20 Minutes que c’est une association socioculturelle qui a acheté la console, et non pas la direction de l’établissement comme il est écrit dans le tract, même si la direction a un droit de regard sur les activités proposées dans l’établissement.

« La console ne sera pas connectée à internet »

Cette acquisition inquiète Jean-Paul Caniaux de FO, la PS4 pouvant être connectée à Internet en wifi. « Ce matériel est interdit en détention, rappelle-t-il. Ce matériel peut être dangereux pour la sécurité, sachant que la sécurité laisse à désirer : nous n’avons pas de mirador, de filet anti-évasion. »

Des craintes rejetées par l’administration pénitentiaire : « la console ne sera pas connectée à Internet », précise un de ses représentants. Si les détenus peuvent posséder certains équipements informatiques, le jeu en ligne ainsi que la possession de consoles de jeux vidéo disposant des technologies sans fil sont interdits aussi bien en cellule que dans les salles d’activité, comme le rappelle le guide remis aux détenus par l’administration pénitentiaire. En 2013, un détenu qui possédait une Playstation 3, connectable à Internet, s'est vu confisquer sa console, pour des raisons de sécurité. « Seule une version de XBOX 360 (version arcade) est par exemple tolérée », précise l’administration pénitentiaire, cette console ne possédant de connexion wifi native. La détention de ce modèle est elle aussi soumise à autorisation.

Un accès réservé

A Draguignan, la PS4 sera installée dans une salle d’activités réservée aux détenus qui s'engagent à respecter différents points, comme le règlement intérieur, la participation aux tâches domestiques ou à des activités de réinsertion… La direction « aura un droit regard sur le type de jeu » qui sera proposé aux détenus, détaille l’administration pénitentiaire.

Toutes les activités proposées aux détenues sont évaluées en fonction de la « plus-value » qu’elles offrent. Les jeux vidéo permettent de (ré) apprendre « le respect des règles » ou « le respect des autres », détaille le représentant de l’administration pénitentiaire.

La maison d’arrêt de Draguignan, qui accueille des détenus condamnés à des courtes peines ou en attente de jugement, n’est pas la première à proposer une animation autour des jeux vidéo. A la centrale de Saint-Maur, qui héberge des détenus aux peines longues, un surveillant organise des tournois entre les prisonniers, comme le montre un reportage du magazine Canard PC.

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