VIDEO. «Momo challenge»: Un père porte plainte contre YouTube, Whatsapp et l'Etat

ENQUETE Son fils, retrouvé mort dans sa chambre, a été selon lui pris au piège via ce « jeu » qui circule sur les réseaux sociaux...

20 Minutes avec AFP
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Le Momo communiquerait avec ses victimes via Whatsapp
Le Momo communiquerait avec ses victimes via Whatsapp — Capture portable

Son fils avait été retrouvé mort dans sa chambre, pendu avec sa ceinture de kimono. Un père a porté plainte lundi près de Rennes pour « mise en danger de la vie d’autrui » contre YouTube, Whatsapp, un site de rencontres pour adolescents et l’Etat, après le décès de son fils de 14 ans mi-octobre. Un dépôt de plainte auprès de la gendarmerie de La Guerche de Bretagne confirmé par le procureur de la République de Rennes.

Kendal, «bien inséré dans la vie et plein de projets», ne se serait pas suicidé selon sa famille mais aurait été pris au piège via « Momo Challenge ». Accessible par la messagerie instantanée WhatsApp, ce jeu macabre menace ses participants en les incitant à commettre des actes dangereux pouvant aller jusqu’à la mort.

« J’accuse YouTube, Whatsapp et rencontre-ados.com de ne pas protéger les jeunes », a affirmé à l’AFP René Gattino. « J’estime que l’État n’a pas pris suffisamment en compte les dangers que représentent ces sites pour les jeunes », a-t-il poursuivi. « Quand ça vous tombe dessus, on ne comprend pas (…) On se croyait tranquille à la campagne. Mais internet, c’est partout et on ne le sécurise pas », a-t-il dénoncé. En dépit de son âge, il explique ainsi avoir pu s’inscrire lui-même sur rencontre-ados.com.

« Pression psychologique sur les plus jeunes »

Par ces démarches, la famille veut avant tout alerter l’opinion pour éviter, dit-elle, d’autres drames de même nature. « L’enquête et notamment les investigations techniques se poursuivent activement pour tenter de déterminer les circonstances exactes du décès », a précisé lundi à l’AFP le procureur. Peu après le décès, le magistrat avait également précisé que les enquêteurs examinaient si l’éventuelle « qualification de provocation au suicide sur des mineurs de 15 ans » pouvait être retenue.

Avant la rentrée, le député LREM des Hauts-de-Seine Gabriel Attal, devenu secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, avait adressé une question au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb pour l’alerter sur les dangers du « Momo Challenge ».

Le député pointait la « pression psychologique sur les plus jeunes » qui « les met en danger en les obligeant à réaliser des défis de plus en plus dangereux ». En 2017 la police nationale avait mis en garde contre les risques d’un jeu similaire le « Blue whale Challenge » qui poussait les jeunes à relever pendant 50 jours des défis chaque fois plus dangereux jusqu’à la dernière étape : le suicide.