Risque-t-on une amende en posant son gilet jaune à l’avant de sa voiture?

FAKE OFF Une rumeur inquiète certains automobilistes qui expriment leur soutien au mouvement de blocage du 17 novembre avec leur gilet de sécurité...

Alexis Orsini

— 

Le gilet jaune symbolise la grogne des automobilistes opposés à la hausse du prix des carburants.
Le gilet jaune symbolise la grogne des automobilistes opposés à la hausse du prix des carburants. — capture d'écran
  • Pour manifester leur soutien au mouvement de protestation du 17 novembre, certains automobilistes positionnent un gilet de sécurité sur le tableau de bord de leur voiture. 
  • Certains internautes s'inquiètent de voir ce geste sanctionné d'une amende allant de 90 à 150 euros.
  • Mais il s'agit d'une intox, émanant soit d'un canular du site Nordpresse, soit d'une rumeur sans fondement, comme le confirme la Sécurité routière à 20 Minutes.

A l’approche du 17 novembre, date à laquelle les Français mécontents de la hausse du prix des carburants prévoient de « bloquer les routes » de l’Hexagone, des internautes s’inquiètent de potentielles répressions contre un objet symbolique du mouvement.

Le gilet de sécurité est en effet utilisé par certains automobilistes comme signe de ralliement… conformément aux appels lancés en ce sens sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook « Info Routes Haut-Doubs 25 », dès le 29 octobre : « Pour montrer votre mécontentement, vous pouvez placer un gilet fluo à l’avant de votre véhicule sur le tableau de bord. »

Or, selon une rumeur virale sur les réseaux sociaux, un tel geste exposerait à une amende variant entre 90 et 150 euros, pour des motifs plus ou moins vraisemblables… dont une prétendue « apologie du terrorisme », émanant en réalité d’un article parodique.

FAKE OFF

La lecture du texte d’origine (« Apologie du terrorisme : 150 € d’amende pour 1 gilet jaune sur son tableau de bord ») a pourtant de quoi susciter la méfiance : « Josiane Duchantal vient d’être surprise cette après-midi par une patrouille de police qui lui a dressé pour appel à la révolte et apologie du terrorisme. En effet, depuis les mesures de l’état d’urgence intégrées dans la loi […] placer un gilet sur son tableau de bord peut être assimilé à une apologie du terrorisme. » « Le mouvement des gilets jaunes est donc techniquement un appel à la violence et la terreur au sommet de l’état », conclut l’article.

« L’info » est d’autant moins crédible qu’elle émane du site parodique Nordpresse, spécialisé dans la publication de contenus satiriques à l’humour souvent noir – et visiblement décidé à se moquer du « mouvement des gilets jaunes », puisqu’il intègre ces derniers aux photos de ses derniers articles.

Contactée par 20 Minutes, la Sécurité routière confirme qu’il s’agit bien d’une intox et rappelle les dispositions de l’article R416-19 du Code de la route, relatif au triangle et au gilet de sécurité. « Le conducteur doit revêtir un gilet de haute visibilité conforme à la réglementation lorsqu’il est amené à quitter un véhicule immobilisé sur la chaussée ou ses abords à la suite d’un arrêt d’urgence. En circulation, le conducteur doit disposer de ce gilet à portée de main », dispose le texte.

Pas de verbalisation… « sauf en cas de gêne à la visibilité »

La Sécurité routière rappelle en outre que c’est justement l’absence de gilet ou sa non-utilisation dans ce contexte qui expose à une sanction financière : « Le conducteur qui ne respecte pas ces règles est passible de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe (135 euros). »

L’autre rumeur circulant sur le gilet jaune paraît déjà plus vraisemblable que « l’apologie du terrorisme » : « Attention !!!! Ils verbalisent les voitures avec le gilet jaune sur tableau de bord côté conducteur ([reflet] sur le pare-brise), de 90 à 135 euros, ça continue…. Les mettre côté passager. »

Mais il s’agit là aussi d’une intox, démentie dès le 2 novembre par la page Facebook de la gendarmerie de la Bassée (Hauts-de-France) : « Vous ne serez pas verbalisés [si vous mettez le gilet jaune sur votre tableau de bord], sauf en cas de gêne à la visibilité. » Celle-ci – définie, dans ce cas précis, comme « l’apposition d’objets non transparents sur les vitres » – expose en effet l’automobiliste à une amende de 45 euros.

>> Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique Fake off vérifie une info ? Envoyez un mail à l’adresse fakeoff@20minutes.fr.

20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre la désinformation. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.