Lyon: Apprendre les gestes de premiers secours pour sauver son chien ou son chat

FORMATION Cette pratique se répand de plus en plus en France…

Caroline Girardon

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La société Premiers secours animaliers dispense des formations pour apprendre à poser un diagnostic et effectuer les gestes qui permettent d'augmenter les chances de survie d'un animal blessé.
La société Premiers secours animaliers dispense des formations pour apprendre à poser un diagnostic et effectuer les gestes qui permettent d'augmenter les chances de survie d'un animal blessé. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Depuis neuf ans la société Premiers secours animaliers dispense des formations pour apporter les permiers secours à vos compagnons à quatre pattes.
  • Il s'agit d'acquérir les premiers réflexes avant de se rendre chez un vétérinaire et d'augmenter ainsi les chances de survie de l'animal.

Apprendre à faire un massage cardiaque à son chien. Ou adopter les bons réflexes quand votre chat convulse après avoir ingurgité des médicaments ou d’autres substances toxiques. Dans ces cas, la plupart des gens improvisent sans savoir réellement quoi faire. Sans réaliser non plus qu’ils peuvent, en cas de mauvais gestes, aggraver l’état de santé de leur animal de compagnie.

Depuis neuf ans, la société Premiers secours Animaliers dispense des formations pour les propriétaires de chiens, de chats et même de chevaux. Une pratique, marginalisée à ses débuts, qui se répand désormais de plus en plus. 1.500 personnes sont maintenant formées chaque année en France. L’une de ces sessions s’est déroulée vendredi à Lyon.

«L'objectif n'est pas de remplacer le vétérinaire»

Dans la petite salle, un public essentiellement féminin. Au sol, une peluche. La promenade en forêt a tourné au cauchemar. Le chien de 45 kilos vient de se faire éviscérer par une femelle sanglier, prompte à défendre ses petits. Exercice pratique. L’élève, qui endosse le rôle du maître, n’a pas d’autres choix que d’intervenir rapidement. Elle n’a pas d’eau dans son sac à dos. Or, il faut humidifier les entrailles pour éviter la nécrose. Elle va donc décider d’uriner en urgence avant de bricoler un bandage, appeler une amie pour l’aider à transporter l’animal jusque chez le vétérinaire.

« L’objectif n’est pas de remplacer le vétérinaire, loin de là mais d’apprendre comment transporter son animal vers le spécialiste de santé. C’est d’inculquer les premiers gestes comme on pourrait le faire avec un humain. Car la différence, lorsqu’on est en présence d’animaux, est que les secours ne se déplacent pas », explique Valérie Simiot, formatrice.

Augmenter les chances de survie

« Si les secours ne viennent pas, le propriétaire sera le seul à pouvoir stabiliser l’animal et lui offrir ainsi une chance de survie », poursuit-elle. D’où l’importance d’établir le bon diagnostique et d’acquérir quelques réflexes vitaux, notamment lorsque l’animal ne reste pas statique, ou se trouve sur la défensive. D’apprendre à stopper une hémorragie artérielle ou veineuse, à détecter un pneumothorax, à museler un animal ou à réagir dans des situations toutes simples, comme un coup de chaleur.

« En cas de coup de chaleur, le risque de mortalité pour un animal est de 46 %. Adopter les bons gestes permet de réduire ce risque de moitié puisqu’il retombe à 19 % », ajoute Valérie Simiot, qui s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Comme Anouk, 35 ans, venue de Haute-Savoie.

«Dans le stress, les gens ne savent pas toujours agir»

La jeune femme dirige la société Auxiliaire Ann’imalière. Elle avait déjà fait une première formation de sept heures en 2016. La compléter lui paraissait essentiel. « Depuis que je suis pet-sitter, j’interviens beaucoup au domicile des gens. Il est primordial que je puisse réagir au mieux en cas d’accident. On me confie des animaux, il faut que je sois capable de les amener vers un vétérinaire dans les meilleures conditions possible », expose-t-elle.

Diane, 26 ans, qui travaille pour l’association Cœur sur pattes, voulait également perfectionner son savoir-faire. « On nous appelle souvent pour recueillir des animaux errants. Cette formation permet d’avoir un cadre et au final, de ne pas faire plus de mal que de bien à l’animal », ajoute-t-elle. Et de constater : « Dans le stress, les gens ne savent pas toujours agir ».

Audrey s’est inscrite dans une démarche personnelle. Mya, sa petite chienne fox-terrier est particulièrement « vive ». « Elle lui arrive souvent des petits pépins, des bobos. Mais moi, je panique. Je suis vite gagnée par l’émotion et le stress. Mon objectif est de pouvoir poser un diagnostic de façon lucide », précise-t-elle, consciente que cette formation pourrait lui « servir pour les humains également ». « J’aurais désormais le recul pour étudier une situation sereinement et intervenir », conclut-elle.

La formation se compose de deux niveaux de 7 heures et coûte 90 euros.