Hausse du carburant: Passer la frontière, véhicules alternatifs… Les bons plans des internautes pour dépenser moins à la pompe

VOUS TEMOIGNEZ Face à la hausse des prix du carburant, vous avez été nombreux à témoigner...

Ingrid Zerbib
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Les prix à la pompe augmentent, la grogne monte et chacun se débrouille au quotidien.
Les prix à la pompe augmentent, la grogne monte et chacun se débrouille au quotidien. — Pixabay

Les prix à la pompe grimpent et la grogne suit la même pente. Au quotidien, il faut pourtant faire face. Vous avez été nombreux à témoigner sur notre page Facebook ou sur notre site.

Passer la frontière

Il y a ceux qui habitent près d’un pays frontalier et qui en profitent pour s’y ravitailler. « Depuis que les taxes sur le diesel (et sur le sans-plomb) ont augmenté, je vais faire mon plein en Allemagne. Résidant en Alsace, je peux bénéficier de la tarification avantageuse du diesel dans les pays limitrophes. », raconte ainsi Irma. De même, Eric va « au Luxembourg, chose que je ne faisais pas avant, tout simplement. 1,16 € le litre de gasoil, y a pas photo. »
Dans le même coin, Francis détaille et calcule : « Le fait d’habiter la région des 3 frontières SAARLORLUX [Allemagne-Lorraine-Luxembourg-Belgique] offre des possibilités de faire des économies de carburant notoires. Pour la petite histoire, je n’ai jamais acheté 1 ml de carburant côté français depuis 10 ans maintenant. »

Plus au Sud, Era témoigne dans le même sens : « Quand on a la chance d’être frontalier avec l’Espagne, on part faire des pleins là bas. Les courses aussi par la même occasion car les prix sont bien plus bas. »

Limiter ses autres dépenses

Ceux qui n’habitent pas dans les zones limitrophes ont plutôt tendance comme Patricia dans le Finistère, à « subir » la hausse des prix du carburant et à limiter leurs autres dépenses en contrepartie : « Je n’ai pas de transport en commun, donc je suis obligée de prendre ma voiture pour tout. Tout ce que je mets dans l’essence, je ne le mets pas dans la consommation courante. » Axelle près de Nantes précise : « Nous faisons nos courses dans des magasins comme Lidl. Nous mangeons des produits bas de gamme. Nous ne pouvons pas nous faire des petits plaisirs comme aller au cinéma. »

Pour, Anaïs, 25 ans, éducatrice dans la protection de l’enfance : « L’argent que l’on mettra dans notre plein d’essence, ce sera ça de moins mis dans des achats ou sorties restaurants. » Des témoignages récurrents qui font penser à un tweet humoristique d'@OliviaBlabla qui a beaucoup tourné : « Vu le prix du carburant, celui qui conduit, c’est celui qui ne mange pas. »


Limiter ses déplacements

Une autre astuce pour contrecarrer la hausse du budget carburant, c’est de limiter ses déplacements. Mary fait « le plein pour le mois, soit plus de 70€, refuse de payer plus, ce qui a pour effet de limiter ses déplacements. » Régine, grand-mère « malheureuse », ne voit plus sa fille, son fils et ses petits-enfants à plus de 500 kms « que deux fois par an ». Michèle, retraitée, « éloignée de tout, programme ses rendez-vous en les regroupant un maximum ». Corinne « reste à la maison ». Karine, sans emploi, ne met que 30€ de gasoil pour le mois qui ne serviront qu’à ses recherches d’emploi et à « amener ses enfants à l’école » et ne peut plus aller voir sa famille ou « faire des sorties le week-end. »

Carburants et véhicules alternatifs

D’autres privilégient les solutions techniques. Dom, par exemple, utilise « un mélange de carburant E85 à 0.60 €/L et E10 à 1.45 €/L à 50 % pour son véhicule Peugeot 106 de 98 (211000 Km) sans Kit d’où 20 € d’économies par plein de 40L. La voiture fonctionne très bien et le contrôle technique récent est OK. », rassure-t-il. Dans le même genre, Thomas a fait convertir sa voiture en « flexfuel. C’est une Audi S4 de 333 CH de 2009 qui totalise 117000 km. C’est que du bonheur pour les passages à la pompe avec des pleins à 35 euro pour 55 litres et l’impression de faire un larcin. Aujourd’hui, je peux rouler dans n’importe quelle proportion de bioéthanol/sp95/sp98 ou sp95e10. »

Christophe, quant à lui, va « investir dans une moto électrique. » La grogne n’en reste pas moins forte et l’appel au blocage des routes fixé le 17 novembre semble avoir d’ores et déjà ses adhérents : « Le 17, je serai là », dit Charles. « On attend le 17 pour foutre le bordel », prévient Lolo.