Référendum en Nouvelle-Calédonie: Le sénateur Frogier veut «écarter» la possibilité d'autres scrutins

INDEPENDANCE Après le vote du 4 novembre, l'accord de Nouméa prévoit qu'un ou deux autres scrutin du même type puissent être organisés, d'ici à 2022, si le Congrès le demande... 

20 Minutes avec AFP
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Un électeur vote pour le second tour de la présidentielle en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, le 7 avril 2017.
Un électeur vote pour le second tour de la présidentielle en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, le 7 avril 2017. — Fred Payet / AFP

« Il ne servira à rien de poser la même question par référendum une deuxième et une troisième fois. » Alors que les habitants de Nouvelle-Calédonie sont invités à voter, ce dimanche, lors du réferendum sur l'indépendance du territoire, un deuxième et un troisième référendum sont normalement prévus, par l’accord de Nouméa, d’ici 2022. Pour Pierre Frogier, sénateur des Républicains, un seul et unique vote suffira.

« Lorsque nous aurons rejeté massivement l’indépendance, nous devrons veiller à ce que ce résultat ne nous soit pas confisqué […] il ne servira à rien de poser la même question par référendum une deuxième et une troisième fois », a-t-il expliqué, ce mardi, lors d’une conférence de presse. Après le vote du 4 novembre, l’accord de Nouméa prévoit qu'un ou deux autres scrutins du même type puissent être organisés, d’ici 2022, si un tiers des membres du Congrès le demande (18 sur 54). Les sondages prédisent une victoire du non avec entre 60 et 69% des voix.

« Il ne s’agit pas de sortir de l’accord de Nouméa, il s’agit de tirer les conséquences »

Le sénateur, président local du Rassemblement LR (6 élus sur 54 au Congrès) entend « déposer une proposition de loi constitutionnelle de façon à écarter ces référendums. Cette proposition pourra être examinée lors de la réforme constitutionnelle prochaine au parlement », a-t-il ajouté. Interrogé sur d’éventuels soutiens au Sénat sur cette proposition, il a répondu : « des fois, on est seul, après il faut faire adhérer ».

Pierre Frogier, signataire de l’accord de Nouméa, a estimé que le référendum était «un aboutissement», et qu’au soir du 4 novembre, «l'hypothèque de l'indépendance qui pèse sur nous depuis des années» sera levée. « Il ne s’agit pas de sortir de l’accord de Nouméa, il s’agit de tirer les conséquences de l’expression démocratique et ensuite de passer à autre chose », a-t-il poursuivi.

Edouard Philippe en Nouvelle-Calédonie au lendemain du scrutin

Toujours critique à l’égard du gouvernement, le sénateur a dit ne pas comprendre pourquoi le Premier ministre « débarque dans la précipitation » au lendemain du scrutin. Edouard Philippe a annoncé sa venue sur le Cailloux pour « rencontrer l’ensemble des forces politiques et évoquer avec eux l’après 4-novembre ».

Il a jugé que la volonté du chef du gouvernement de rester « impartial » dans ce scrutin, était « un profond mépris, voire une blessure », ressentie selon lui par ceux qui sont pour le maintien dans la France.