VIDEO. Rouen: Un jeune homme victime «d’un guet-apens» homophobe

AGRESSION Frappé puis détroussé, le jeune homme a été séquestré pendant près de deux heures et demie…

Manon Aublanc

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Un véhicule de police. Illustration.
Un véhicule de police. Illustration. — F. Lodi / Sipa

« J’ai vraiment eu peur de mourir. » Insulté, séquestré puis frappé, un homosexuel a vécu l’enfer, dans la nuit du mercredi 24 au jeudi 25 octobre, à la sortie d’une discothèque de  Rouen (Seine-Maritime). Victime « d’un guet-apens », il a témoigné auprès de Paris Normandie, ce dimanche

La semaine dernière, le jeune homme d’une trentaine d’années, qui se fait appeler Romain, se rend dans une boîte de nuit de Rouen avec trois autres amis. Ils rencontrent deux hommes avec qui le courant passe bien et passent la soirée à cinq. Lorsque ses amis rentrent se coucher, Romain décide de poursuivre la soirée avec les deux hommes rencontrés un peu plus tôt. Ces deux derniers lui proposent d’aller dans une autre boîte de nuit avec leurs amis, Romain accepte et part en voiture avec eux.

« J’ai vraiment eu peur de mourir »

A ce moment, c’est le début d’un calvaire qui durera plus de deux heures : « Au bout de 200 mètres, le passager détache sa ceinture, monte derrière et commence à me frapper en me traitant de sale pédé, sale race, tafiole, tantouze. Ils n’arrêtent pas de me frapper, me frapper, me frapper. Ma tête tapait contre le carreau et mon corps aussi », raconte-t-il, le visage tuméfié et le corps couvert d’hématomes. « Quand ils m’ont dit qu’ils avaient un couteau et un pistolet, c’est vrai qu’à ce moment-là, j’ai vraiment eu peur de mourir. » C’est en voulant se débattre que la carte bleue de Romain tombe et que ses agresseurs changent d’objectif.

Les deux hommes le forcent à retirer de l’argent à plusieurs reprises. C’est finalement dans une banque que le trentenaire réussit à échapper à ses agresseurs, qui prennent la fuite. « C’est un guet-apens. A mon avis, dès la discothèque, ils se sont dits "ce soir, on va casser du pédé". » Romain, qui a été hospitalisé au CHU de Rouen pour des multiples contusions, a écopé de dix jours d’interruption totale de travail (ITT). Le jeune homme a porté plainte et l’enquête a été confiée aux policiers de la Sûreté départementale, qui ont retenu le caractère homophobe de cette violente agression.