Face à la flambée des prix de l'essence, les appels au blocage se multiplient

POLEMIQUE Le gouvernement tente de désamorcer la grogne contre les prix de l'essence...

20 Minutes avec AFP

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Une femme se sert en carburant (image d'illustration).
Une femme se sert en carburant (image d'illustration). — FRANCK LODI/SIPA

La colère monte face à la flambée des prix des carburants. La pétition lancée par Priscilla Ludosky, une automobiliste en colère, sur Change.org pour faire baisser les prix à la pompe a déjà recueilli plus de 210.000 signatures.

Vidéo virale

Dans ce contexte, les appels au blocage des routes pour le 17 novembre se multiplient sur les réseaux sociaux. Une vidéo de Frank Buhler, qui se présente comme un délégué de circonscription du parti Debout la France (DLF) dans le Tarn-et-Garonne où il appelle à un tel blocage national « pour exiger une baisse des tarifs de l’essence », a été vue 2,6 millions de fois sur Facebook et était largement partagée jeudi.

A Rennes, par exemple, 1.400 personnes ont dit être intéressées sur Facebook pour participer à une opération sur la rocade à partir de 14h00.

Face à cette fronde, plusieurs membres du gouvernement tentaient jeudi de désamorcer le mécontentement croissant des Français. « Je ne nie pas le fait que ce soit difficile pour certains Français qu’on augmente la fiscalité sur le gazole. Mais nous avons 3,8 milliards d’euros de dispositifs d’aide pour accompagner ces Français dans la transition écologique », a défendu la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, au micro de Sud Radio. « Regardons la fiscalité dans sa globalité, d’un côté on allège les charges sur le travail et de l’autre on taxe plus la pollution », a-t-elle ajouté.

« Nous assumons de mener une politique de transformation de l’énergie »

« Nous assumons de mener une politique de transformation de l’énergie (…) en ayant annoncé la couleur avant puisque (la hausse de la fiscalité) a été votée dans le budget l’année dernière, avec une trajectoire pour 5 ans », a pour sa part insisté le ministre de la Transition écologique François de Rugy, interpellé au Sénat lors des questions au gouvernement. « Nous assumons de faire ce qui a été revendiqué par de nombreux parlementaires, d’ailleurs, sous plusieurs mandats, de supprimer progressivement un certain nombre de niches fiscales (…) non écologiques », comme celle sur le gazole non routier, a-t-il ajouté.

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, invitée de Radio Classique, a souligné pour sa part que la hausse des carburants était « en grande partie liée à l’évolution des cours mondiaux du pétrole ». Dans les faits, les prix de l’or noir se sont en effet redressés cette année, passant de 65 dollars début janvier pour le baril de Brent de la mer du Nord à 86 dollars début octobre, avant de refluer autour des 75 dollars actuellement.

Le prix moyen d’un litre de sans-plomb 95 à la pompe s’élevait la semaine dernière à 1,55 euro, à peine plus que celui du gazole, à 1,52 euro, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire.

« Matraquage fiscal par l’écologie »

Mais la hausse du prix des carburants s’explique aussi par la taxation qui s’est alourdie, surtout pour le diesel depuis le 1er janvier. Les taxes sur le gazole ont ainsi augmenté de 7,6 centimes par litre au total, avec notamment la contribution climat énergie (« taxe carbone »). Pour l’essence, l’augmentation a été de 3,9 centimes par litre.

Cette politique devrait être renforcée en 2019, avec des hausses de 6 centimes pour le diesel et 3 centimes pour l’essence, puis à nouveau jusqu’en 2022, l’objectif étant de rendre l’essence moins onéreuse que le diesel, jugé plus polluant.

Sur ce sujet sensible, à l’heure où l’exécutif est englué depuis plusieurs mois dans une polémique sur le pouvoir d’achat, plusieurs membres de l’opposition ont dénoncé à l’unisson ces hausses cette semaine. Lundi, l’ancienne ministre socialiste de l’Environnement, Ségolène Royal a affirmé que le gouvernement cherchait « à justifier un matraquage fiscal par l’écologie ». Un constat partagé par le président du groupe les Républicains à l’Assemblée, Christian Jacob qui estimait jeudi sur Europe 1 que ces « taxations punitives » servaient principalement à « faire marcher la pompe à fric » pour le gouvernement.