Syrie: Une partie des 150 enfants de djihadistes français signalés vont être rapatriés

RETOUR Les enfants, pour la plupart âgés de moins de six ans, ne pourront partir en France qu’avec l’accord de leur mère, qui elle restera sur place…

20 Minutes avec AFP
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Un logo de l'organisation Etat islamique en Irak. (Illustration)
Un logo de l'organisation Etat islamique en Irak. (Illustration) — AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Parmi les 150 enfants de djihadistes français signalés en Syrie, une partie d’entre eux vont être rapatriés prochainement dans l’Hexagone, a annoncé une source française ce mardi.

Ces enfants de djihadistes français ont, pour la plupart, été signalés par les familles en France ou dans les zones sous contrôle kurde depuis l’effondrement du groupe Etat islamique (EI) en 2017. Si aucun chiffre précis n’a été communiqué, quelques-uns d’entre eux ont été identifiés et localisés avec précision, dans les zones kurdes, ouvrant la voie à un rapatriement, a ajouté cette même source.

« L’exception c’est les mineurs, dont la situation sera examinée au cas par cas »

Les enfants, pour la plupart âgés de moins de six ans, ne pourront partir qu’avec l’accord de leur mère, qui elle restera sur place, souligne la source. L’Etat français refuse tout retour des adultes, combattants ou épouses, considérées comme des militantes de Daesh, pourtant demandé par les avocats représentant les familles en France. « Ceux qui ont commis des délits ou des crimes en Irak et Syrie doivent être jugés en Irak et Syrie », explique le ministère des Affaires étrangères.

« L’exception c’est les mineurs, dont la situation sera examinée au cas par cas. On a un devoir particulier de sauvegarder l’intérêt supérieur de l’enfant », ajoute-t-on. Mais le rapatriement s’avère déjà complexe. Le Kurdistan syrien n’est pas un Etat reconnu par la communauté internationale et Paris n’entretient pas de relations diplomatiques avec Damas. « On a commencé à regarder comment les choses peuvent se faire. C’est une affaire très complexe », concède-t-on à Paris.

Le nombre de djihadistes français toujours incertain

Au total, une quarantaine de familles, mères et enfants, ont été signalées en Syrie. Quelques « dizaines », 30 à 40, combattants francophones seraient par ailleurs prisonniers des Kurdes syriens, ajoute la source citée, sans préciser si des Français se trouvent parmi eux. En Irak, seules trois familles de djihadistes français ont été recensées. Une des mères, Mélina Boughedir, condamnée à la perpétuité, a accepté de laisser partir trois de ses enfants.

Sur les 680 djihadistes français estimés sur le théâtre irako-syrien, plus de 300 sont morts et un petit nombre a rejoint d’autres pays (Afghanistan, Maghreb, Libye), estime Paris. Une partie d’entre eux sont donc toujours sur place. « Une partie est dans le réduit de l’EI à la frontière syro-irakienne où il y a aujourd’hui des combats. Une centaine d’entre eux se trouve aussi à Idleb », province rebelle de Syrie, souligne-t-on. Les forces kurdes syriennes affirment détenir plus de 900 combattants étrangers de l’EI, venant de 44 pays.